Sénatoriales, jour J : neuf listes, huit sièges, 3 695 grands électeurs
Ce dimanche 27 septembre, les grands électeurs du 13 votent en préfecture, à Marseille, de 8h30 à 17h30, pour élire huit sénateurs. Neuf listes officielles sont en lice, dont celle du maire de Gardanne Hervé Granier. Mode d'emploi d'un scrutin obligatoire à huis clos.

C'est un dimanche d'élection, mais les urnes ne s'ouvriront ni à Gardanne, ni à Aix, ni dans aucune des vingt-six communes de notre territoire. Pour désigner leurs huit sénateurs, les Bouches-du-Rhône votent dans un seul lieu, à Marseille, et seulement 3 695 personnes glisseront un bulletin dans la seule urne du département. Voici l'essentiel du scrutin.
Où, quand, comment
Un lieu unique : la préfecture des Bouches-du-Rhône, 2 rue Edmond Rostand, dans le 6ᵉ arrondissement de Marseille. Une plage horaire large : de 8 heures 30 à 17 heures 30. Un vote physique : le bulletin dans l'urne, sans vote électronique ni vote à distance, la procuration n'étant ouverte que dans les cas limités prévus par le code électoral.
Le dépouillement commence à la clôture, à 17 heures 30. Sur les 178 sièges de sénateurs renouvelés cette année en France (série 2), huit se jouent dans les Bouches-du-Rhône : les résultats provisoires du département sont attendus en début de soirée.
Qui vote
Le collège électoral compte 3 695 personnes, précise la préfecture. À 95,2 %, ce sont les 3 566 délégués désignés par les conseils municipaux du département, dont ceux de Gardanne, de Meyreuil, de Bouc-Bel-Air, de Simiane-Collongue ou de Beaurecueil. S'y ajoutent les élus qui siègent d'office au collège en raison de leur mandat : les députés et sénateurs des Bouches-du-Rhône, les conseillers régionaux élus dans le département, et l'ensemble des conseillers départementaux.
Une obligation, sous peine d'amende
Aller voter, en France, est un droit et non un devoir sanctionné. Sauf pour les grands électeurs : l'article L318 du code électoral fait de leur participation une obligation légale, la seule qui existe pour une élection française. « Tout membre du collège électoral qui, sans cause légitime, n'aura pas pris part au scrutin, sera condamné à une amende de 100 euros par le tribunal judiciaire du chef-lieu, sur les réquisitions du ministère public », dispose l'article. Pour notre département, ce tribunal est celui de Marseille.
Nous avons détaillé la mécanique complète de cette obligation, y compris les cas de remplacement par un suppléant, dans notre article sur le vote obligatoire des grands électeurs.
Neuf listes pour huit sièges
Le livret définitif des candidatures publié par le Sénat le 21 septembre recense neuf listes retenues dans les Bouches-du-Rhône, soit quatre-vingt-dix candidats en tout pour huit sièges. Sept des huit sénateurs sortants s'y présentent ; un seul renonce, le sénateur Stéphane Le Rudulier, dont le nom ne figure sur aucune des neuf listes déposées.
Dans l'ordre de dépôt à la préfecture (celui du livret officiel du Sénat), ces neuf listes sont :
| Tête de liste | Intitulé officiel | Nuance ministérielle |
|---|---|---|
| Brigitte Devésa | Cap sur l'avenir de nos villes et villages | Divers droite (LDVD) |
| Marie-Pierre Callet | Au service des communes pour défendre les Bouches-du-Rhône | Union de l'extrême droite (LUXD) |
| Stéphane Ravier | Libertés communales, bon sens provençal | Extrême droite (LEXD) |
| Hervé Granier | La voix de nos communes, la force du terrain | Divers droite (LDVD) |
| Mireille Jouve | Le 13 en tête | Divers centre (LDVC) |
| Jérémy Bacchi | À l'écoute des territoires, au service des communes | Union de la gauche (LUG) |
| Valérie Boyer | Une droite libre et républicaine. Des maires au service des maires | Les Républicains (LLR) |
| Jean-David Ciot | La voix des élus de Provence | Divers gauche (LDVG) |
| Michelle Blanchard-Svoboda | Faisons entrer le programme du Nouveau Front populaire au Sénat | La France insoumise (LFI) |
Chaque liste compte dix noms, deux de plus qu'il n'y a de sièges à pourvoir, en parité stricte alternée entre femmes et hommes, comme l'impose l'article L300 du code électoral.
Hervé Granier, la présence gardannaise
Le maire de Gardanne, réélu en mars, conduit sa propre liste, « La voix de nos communes, la force du terrain », classée divers droite (LDVD) par le ministère de l'Intérieur. Il en est la tête ; en deuxième position, la maire du Paradou Pascale Licari ; en troisième, le maire de Ceyreste Patrick Ghigonetto. À droite, elle côtoie la liste de Brigitte Devésa (LDVD également, présentée comme celle de la droite et du centre) et la liste dissidente LR de Valérie Boyer (LLR) ; à l'extrême droite concourent la liste commune RN-UDR de Marie-Pierre Callet (LUXD) et celle de Stéphane Ravier (LEXD).
Sur la liste divers droite conduite par Brigitte Devésa, la maire d'Auriol Véronique Miquelly figure en troisième position, derrière Renaud Muselier ; le maire de Simiane-Collongue Philippe Ardhuin apparaît en huitième position. Sur la liste d'union de la gauche menée par Jérémy Bacchi, Marie-Arlette Carlotti (PS, sénatrice sortante) est deuxième, Guy Benarroche (Les Écologistes, sénateur sortant) troisième. Notre article sur les neuf listes déposées détaille ces équilibres.
Comment sont attribués les sièges
Le mode de scrutin est fixé par l'article L295 du code électoral : dans les départements où sont élus trois sénateurs ou plus, le scrutin est proportionnel « à la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel ». Les Bouches-du-Rhône, avec leurs huit sièges à pourvoir, y sont donc soumises. Un seul tour, une seule urne, aucun second tour possible.
Concrètement, on compte les voix de chaque liste, on répartit un premier siège à la liste ayant le plus fort quotient (voix ÷ (sièges + 1)), et on recommence pour chacun des huit sièges. Un exemple chiffré et le mécanisme complet figurent dans notre explication de la plus forte moyenne. Une conséquence directe : dans une configuration aussi éclatée que celle des neuf listes déposées, la dispersion des voix pénalise mécaniquement les plus petites, et plusieurs listes n'obtiendront aucun siège.
Suivre les résultats
La préfecture communiquera les résultats à mesure du dépouillement. Nous les publierons et les commenterons sur la page « Résultats » de notre dossier sénatoriales, en distinguant résultats provisoires et résultats définitifs, avec la source pour chaque mise à jour. En attendant, notre dossier complet rassemble les fiches des listes, les biographies des candidats connus, la chronologie de la campagne et un simulateur pour visualiser la mécanique du scrutin.
Sources
Les URL des documents cités figurent dans le bloc « sources » ci-dessus. La composition intégrale des neuf listes et l'ordre des colistiers proviennent du livret définitif des candidatures publié par le Sénat le 21 septembre 2026 (pages 17 à 21) ; le nombre de grands électeurs (3 695) et la répartition (3 566 délégués municipaux) sont ceux de la préfecture des Bouches-du-Rhône ; l'article L318 du code électoral, dans sa version en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2020, fixe le montant de l'amende à 100 euros.
Nos sources
Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.
- Sénat, Livret définitif des candidatures, élections sénatoriales du 27 septembre 2026 (série 2), pp. 17 à 21 (Bouches-du-Rhône) (nouvelle fenêtre)
- Préfecture des Bouches-du-Rhône, « Tout savoir sur les élections sénatoriales » (nouvelle fenêtre)
- Préfecture des Bouches-du-Rhône, Espace candidats (adresse, horaires, mode de scrutin) (nouvelle fenêtre)
- Légifrance, décret n° 2026-301 du 21 avril 2026 portant convocation des collèges électoraux (nouvelle fenêtre)
- Légifrance, article L318 du code électoral (amende de 100 € pour l'électeur sénatorial abstentionniste) (nouvelle fenêtre)
- Légifrance, article L295 du code électoral (proportionnelle à la plus forte moyenne à partir de trois sièges) (nouvelle fenêtre)
- Légifrance, article L300 du code électoral (composition des listes, parité alternée) (nouvelle fenêtre)
- Sénat, « Le collège électoral sénatorial » (nouvelle fenêtre)





