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Gardanne : façade dangereuse au 51 boulevard Carnot, travaux imposés sous huit jours

Pierres déchaussées au-dessus de l'entrée, balcon aux poutrelles rongées par la rouille : la mairie a pris un arrêté de mise en sécurité urgente pour un immeuble du boulevard Carnot. Le trottoir doit rester protégé tant que la façade n'est pas purgée.

La rédaction3 min de lectureGardanne
Une petite bâtisse à la façade décrépie, ceinturée de poutres d'étaiement métalliques rouges, derrière une barrière de chantier
Photo : Caramelia14 / Wikimedia Commons, CC0

La mairie de Gardanne a ordonné des travaux d'urgence sur la façade du 51, boulevard Carnot. L'arrêté de mise en sécurité, pris selon la procédure urgente, a été transmis à la préfecture et publié sur le site de la Ville le 22 octobre 2026. Il s'appuie sur le rapport d'un technicien municipal, daté du 5 octobre, qui conclut à l'urgence de la situation.

Le texte retient un « risque manifeste de chute de matériaux » (moellons, morceaux de linteau, enduits) au-dessus de l'entrée de l'immeuble et sur la voie publique.

Ce que le technicien a constaté

Le point le plus sensible est la porte d'entrée. Son linteau en bois est pourri au point de ne plus porter la maçonnerie qui le surmonte. L'enduit est tombé sur toute la largeur de l'ouverture, les pierres sont déchaussées, et un moellon détaché repose sur le linteau abîmé, juste au-dessus de l'entrée et du trottoir.

Au premier étage, les poutrelles métalliques qui soutiennent le balcon filant sont fortement corrodées, et leur sous-face est marquée d'auréoles d'humidité, de mousses et de moisissures, malgré une purge déjà faite en 2025. Terre et végétation s'accumulent sur ce balcon. Le rapport relève aussi des fissures ouvertes entre les balcons du deuxième étage et les fenêtres du premier, des linteaux de portes-fenêtres abîmés, dont l'un fléchit visiblement, des fissures sous la toiture, et des menuiseries et volets si dégradés qu'ils ne protègent plus correctement l'intérieur. Le rez-de-chaussée, occupé par un local commercial, montre des traces d'humidité en pied de façade.

Huit jours pour sécuriser, sinon la commune agit

Le propriétaire, un particulier, ou ses ayants droit ont huit jours à compter de la notification pour faire intervenir une entreprise qualifiée. Les mesures sont détaillées :

  • purger tous les éléments instables (pierres, bois, enduits qui sonnent creux) ;
  • étayer le linteau de la porte d'entrée, en gardant un passage protégé, ainsi que ceux des portes-fenêtres du premier étage ;
  • interdire l'accès aux balcons du premier et du deuxième étage, et dégager celui du premier depuis une nacelle, sans le charger ;
  • remettre en état la gouttière et les descentes d'eaux pluviales ;
  • protéger le trottoir (plancher, filet ou périmètre de sécurité) jusqu'à la fin de la purge.

Une fois les travaux faits, le propriétaire doit en informer la mairie et lui transmettre l'attestation d'un professionnel. Faute d'exécution dans le délai, la commune se réserve le droit de faire réaliser les travaux d'office, aux frais du propriétaire, la dépense étant recouvrée comme un impôt direct. Si ces mesures provisoires ne suffisent pas, la procédure se poursuit vers des travaux de fond.

Au 1er novembre, aucun arrêté de mainlevée n'apparaît pour cet immeuble dans la liste des arrêtés municipaux publiés par la Ville : l'arrêté ne dit pas si les travaux ont commencé.

Comment fonctionne la procédure d'urgence

C'est l'article L511-19 du Code de la construction et de l'habitation qui encadre ce type d'arrêté : en cas de danger imminent, le maire ordonne les mesures indispensables sans procédure contradictoire préalable, dans le délai qu'il fixe. Si rien d'autre ne permet d'écarter le danger, la démolition peut même être ordonnée, sur autorisation du tribunal judiciaire.

La procédure a déjà servi cette année au centre-ville. Le 3 juin, un arrêté visait le 12, cours de la République : purge en 48 heures et interdiction d'occuper le commerce du rez-de-chaussée. Les travaux attestés, la mairie a levé l'arrêté le 12 juin. Plus lourd, le dossier de l'avenue Louise-Michel a conduit la Ville à sécuriser d'office deux immeubles cet été.

Pour d'éventuels locataires, la loi prévoit une protection : selon l'article L521-2 du même code, le loyer d'un logement visé par un arrêté de mise en sécurité pris en urgence cesse d'être dû à partir du premier jour du mois suivant sa notification ou, à défaut, son affichage en mairie et sur la façade, et jusqu'au premier jour du mois qui suit la mainlevée. L'arrêté du boulevard Carnot, affiché sur la façade et en ligne deux mois sur le site de la Ville, peut être contesté dans les deux mois devant le maire ou le tribunal administratif de Marseille.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Ville de Gardanne, arrêté n° 2026-2711-SIHI de mise en sécurité, procédure urgente, 51 boulevard Carnot (publié le 22 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)
  2. Ville de Gardanne, arrêté n° 2026-1580-SIHI de mise en sécurité, 12 cours de la République (3 juin 2026) (nouvelle fenêtre)
  3. Ville de Gardanne, arrêté n° 2026-1665-SIHI de mainlevée, 12 cours de la République (12 juin 2026) (nouvelle fenêtre)
  4. Légifrance, Code de la construction et de l'habitation, articles L511-19 (procédure d'urgence) et L521-2 (loyers) (nouvelle fenêtre)

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