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Centrale de Gardanne : où en est la transition de l'après-charbon

Après l'arrêt du charbon, l'ancienne centrale thermique a été convertie à la biomasse. Redémarrée début 2025 avec le soutien de l'État, elle reste contestée. État des lieux.

La rédaction2 min de lectureGardanneMis à jour le 1 juillet 2026
La cheminée et les installations de la centrale thermique de Provence à Gardanne-Meyreuil
Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

La centrale thermique de Provence, à cheval sur Gardanne et Meyreuil, a longtemps été le cœur battant de l'économie locale. Sa première tranche a été couplée au réseau en 1953, à côté des mines du bassin. Le site abrite la plus haute cheminée de France, qui culmine à 297 mètres. La fermeture des mines de lignite en 2003, puis les engagements climatiques nationaux, ont rebattu les cartes.

Du charbon à la biomasse

La reconversion s'est faite par étapes. La tranche 4 a cessé de brûler du charbon en 2013 et a redémarré en 2018, convertie à la biomasse, avec une puissance de 150 mégawatts. La dernière tranche au charbon a été définitivement arrêtée à l'été 2021. Le site est exploité par GazelEnergie, filiale du groupe tchèque EPH, depuis 2019.

Sur le papier, l'idée séduit : remplacer une énergie fossile par une ressource renouvelable, en l'occurrence du bois. Dans les faits, la transition a été heurtée. La reprise après le rachat de 2019 s'est accompagnée de la suppression d'environ 98 postes sur près de 180. La centrale a ensuite été mise à l'arrêt à l'automne 2023, GazelEnergie ayant dénoncé son contrat sur fond de hausse des coûts d'approvisionnement.

Un redémarrage sous conditions

Un accord entre GazelEnergie et l'État a été annoncé le 26 novembre 2024. Il prévoit un soutien public d'environ 800 millions d'euros pour l'achat de l'électricité sur huit ans, avec un fonctionnement plafonné à 4 000 heures par an. La centrale a repris son activité au 1er janvier 2025, avec la perspective de plus de 90 emplois directs et environ 500 emplois indirects. La consommation annuelle de biomasse, jusqu'ici estimée à 850 000 tonnes, est ramenée à 450 000 tonnes.

Une reconversion contestée

Riverains, salariés et associations environnementales ne portent pas le même regard sur l'avenir du site. Des organisations comme France Nature Environnement dénoncent une dépense d'argent public jugée disproportionnée et un risque de pression sur les forêts. Le projet Hynovera, porté par Hy2Gen pour produire de l'hydrogène et des carburants de synthèse sur le site, a par ailleurs été abandonné face à l'opposition d'habitants et d'élus.

Le Gardannais Libre suivra ces dossiers de près, en donnant la parole aux habitants, aux salariés et aux acteurs concernés, et en vérifiant les annonces à l'aune des faits.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Connaissance des énergies (AFP), La centrale biomasse de Gardanne va reprendre ses activités début 2025 (nouvelle fenêtre)
  2. Connaissance des énergies (AFP), La centrale de Gardanne s'est remise à fumer mais reste critiquée après sa conversion (nouvelle fenêtre)
  3. Wikipédia, Centrale thermique de Provence (nouvelle fenêtre)
  4. L'Usine Nouvelle, Face à l'opposition des habitants et élus, Hy2Gen France laisse tomber le projet Hynovera à Gardanne (nouvelle fenêtre)

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