Le puits Morandat, gardien de la mémoire minière du bassin
Grand témoin de l'épopée du charbon en Provence, le carreau du puits Yvon Morandat, à Gardanne, est devenu un lieu de mémoire et un pôle d'activités. Retour sur une histoire verticale.

À Gardanne, le charbon ne se raconte pas à l'horizontale mais à la verticale. Pendant plus d'un siècle, des galeries ont plongé sous le bassin minier de Provence pour extraire le lignite qui a fait vivre la ville. Aujourd'hui, le carreau du puits Yvon Morandat reste un grand témoin de cette épopée.
Un puits né à la fin de l'aventure minière
L'exploitation du charbon dans le bassin de Provence est ancienne. En 1855 est fondée la Société anonyme des Charbonnages des Bouches-du-Rhône, qui met fin à une exploitation jusque-là dispersée. Le puits Yvon Morandat, lui, arrive tard dans cette histoire : son creusement débute en 1981 et s'achève en 1983. Mis en service le 16 janvier 1989, il remplace les anciens puits Gérard et Boyer et plonge à 1 109 mètres de profondeur. Il cesse son activité en 2003, avec la fin de l'extraction dans le bassin.
Le puits porte le nom d'Yvon Morandat, ancien résistant devenu dirigeant des houillères, notamment en Provence, puis président des Charbonnages de France.
Du chevalement au lieu de vie
Quand la mine ferme, la ville de Gardanne rachète le chevalement, cette tour d'extraction devenue une silhouette familière du paysage gardannais. En 2004, la tour d'extraction, la mine et la machine d'extraction principale sont inscrites à l'inventaire général du patrimoine culturel.
Plutôt que d'effacer la friche, le territoire y installe un pôle d'activités. Le carreau accueille une pépinière d'entreprises, qui hébergeait une douzaine de jeunes sociétés innovantes en 2014, aux côtés de projets à vocation culturelle. L'histoire des « gueules noires » continue ainsi de se transmettre sur les lieux mêmes du travail.
À deux pas, le musée de Gréasque
À quelques kilomètres, le musée de la mine de Gréasque prolonge ce travail de mémoire. Installé sur le carreau du puits Hély d'Oissel, exploité de 1919 à 1962, il est ouvert au public depuis novembre 2000 et raconte, pour les nouvelles générations, ce que fut la vie au fond. Ensemble, ces lieux dessinent un patrimoine industriel commun aux communes du bassin.
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