Budget de la Métropole arrêté par le préfet : 91 millions d'économies
Après le refus des élus d'examiner le budget et un déséquilibre de 144 millions constaté par la chambre régionale des comptes, le préfet a arrêté d'office le budget 2026 de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

C'est une procédure rare, et elle en dit long sur l'état des finances métropolitaines. Le budget 2026 de la Métropole Aix-Marseille-Provence n'a pas été voté par les élus : il a été arrêté d'office par le préfet.
Comment on en arrive là
Fin avril, les élus métropolitains refusent d'examiner le budget.
Le 11 mai, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, saisit la chambre régionale des comptes. Celle-ci constate un déséquilibre de 144 millions d'euros — la Métropole évoquait pour sa part 123 millions — concentré sur le budget annexe Transports.
La chambre rend son avis le 11 juin. Le 16 juin, le préfet arrête d'office un budget à l'équilibre, portant sur un budget principal et treize budgets annexes. La préfecture parle de 91 millions d'euros d'économies identifiés par la chambre régionale des comptes : la nuance compte, ces économies sont documentées par la juridiction financière, elles ne sont pas décrétées par le préfet.
Ce que le préfet a décidé
Deux arbitrages méritent d'être distingués, car ils vont en sens inverse.
La dotation de solidarité communautaire est maintenue à 66 millions d'euros pour les communes. Le préfet a écarté la proposition de la chambre régionale des comptes de la ramener à 13 millions, au motif que « la DSC est une dotation obligatoire ».
En revanche, 53 millions d'euros d'attributions de compensation jugées « indues » sont repris aux communes. Les plus touchées sont Martigues, pour 29,9 millions d'euros, et Aix-en-Provence, pour 24,3 millions.
Ce que cela signifie pour nos communes
Une attribution de compensation est une somme versée par l'intercommunalité à ses communes membres au titre des compétences transférées. La reprendre revient à amputer d'autant les recettes communales de l'exercice.
Pour Aix, 24,3 millions d'euros représentent une part significative du budget de fonctionnement. Les conséquences se liront dans les arbitrages municipaux des prochains mois.
Les autres communes de notre territoire sont concernées par la même mécanique, à des niveaux que la préfecture n'a pas détaillés commune par commune. Nous les demanderons.
Nos sources
Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.





