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Biosimilaires : refuser la substitution en pharmacie coûtera plus cher au 1er septembre

Le dispositif « tiers payant contre génériques » est étendu aux médicaments biosimilaires et hybrides à partir du 1er septembre 2026. Concrètement, refuser sans motif la substitution proposée par le pharmacien fait perdre l'avance des frais et peut réduire le remboursement.

La rédaction3 min de lecture
Vitrine d'une pharmacie parisienne, avec la croix verte lumineuse
Photo : besopha / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

C'est une réforme technique aux effets très concrets pour les assurés. À partir du 1er septembre 2026, le dispositif dit « tiers payant contre génériques », qui existe depuis 2012, est étendu aux médicaments biosimilaires et aux médicaments hybrides. Traduction pour le patient : si vous refusez, sans motif médical, la version alternative proposée par votre pharmacien, vous perdez l'avance des frais et pouvez même être moins bien remboursé.

Ce que sont ces médicaments

Rappel utile. Un médicament biosimilaire est une version très proche d'un médicament biologique déjà autorisé, produit à partir de cellules ou d'organismes vivants. Le fabricant démontre auprès de l'Agence européenne des médicaments que son produit répond aux mêmes exigences de qualité, d'efficacité et de sécurité que le médicament de référence. Un médicament hybride, lui, contient le même principe actif que la référence mais peut en différer par la forme, le dosage ou le mode d'administration.

Ces produits sont utilisés dans le traitement de maladies chroniques ou lourdes : diabète, rhumatismes inflammatoires, cancer, notamment. Leur coût est en général sensiblement inférieur à celui des originaux. L'Assurance maladie y voit un levier d'économies significatif, et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a organisé ce changement de règle.

Comment ça va se passer en pharmacie

Concrètement, à partir du 1er septembre, votre pharmacien pourra vous proposer une substitution par un biosimilaire ou un hybride lorsqu'il existe un équivalent référencé et substituable. Trois cas de figure sont à distinguer, précisés par Ameli et Service-public.gouv.fr.

Vous acceptez la substitution : rien ne change dans votre expérience. Vous payez ce qui n'est pas pris en charge (franchise, participation, part complémentaire) et l'Assurance maladie règle directement le reste au pharmacien via le tiers payant.

Votre médecin a fait porter sur l'ordonnance la mention « non substituable » avec sa justification médicale : vous conservez le tiers payant intégralement, même si vous recevez le médicament d'origine. Cette mention doit être motivée médicalement (contre-indication, particularité du patient) et n'est pas automatique.

Vous refusez la substitution alors qu'elle est proposée et qu'aucune mention « non substituable » ne figure sur l'ordonnance : vous perdez le tiers payant. Vous devez alors avancer la totalité du prix du médicament, puis attendre le remboursement de l'Assurance maladie. Et, précision importante rappelée par Ameli, ce remboursement peut être calculé sur la base du prix du biosimilaire ou de l'hybride le plus élevé du groupe de substitution, et non sur celui du médicament d'origine, ce qui peut laisser un reste à charge supplémentaire.

Bien préparer sa rentrée à la pharmacie

Ce changement rejoint la logique déjà en vigueur pour les médicaments génériques. Ce qui est nouveau, c'est son extension aux traitements biologiques : jusqu'ici, la substitution des biosimilaires reposait sur le seul volontariat, et refuser un biosimilaire n'avait pas d'incidence sur le tiers payant.

Trois réflexes utiles pour éviter les mauvaises surprises. Un, avant la fin août, échanger avec votre médecin si vous êtes sous traitement biologique chronique, pour savoir si la mention « non substituable » se justifie et sera portée sur votre ordonnance renouvelée. Deux, demander clairement à votre pharmacien pourquoi il propose telle version : la loi lui impose de vous informer et vous êtes en droit de comprendre le motif. Trois, garder à l'esprit qu'un biosimilaire n'est pas un sous-produit : les autorités sanitaires le considèrent comme équivalent thérapeutique, avec le même niveau d'exigence.

Pour un panorama plus large des règles applicables cette année, le rappel des franchises et de la participation forfaitaire de 2 € reste utile, tout comme le fonctionnement de Mon espace santé, qui centralise désormais les ordonnances numériques. Les personnes bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire demeurent, elles, dispensées d'avance de frais sur l'ensemble de leurs médicaments remboursables.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Service-public.gouv.fr, Tiers payant : de nouvelles règles pour le remboursement des médicaments à compter du 1er septembre (29 juillet 2026) (nouvelle fenêtre)
  2. Ameli, Médicaments hybrides et biosimilaires : de nouvelles règles de remboursement à la rentrée (assurés) (nouvelle fenêtre)
  3. Ameli, Le dispositif « tiers payant contre génériques » étendu aux médicaments hybrides et biosimilaires (pharmaciens) (nouvelle fenêtre)

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