Santé de l'enfant à la rentrée : vaccins, visites, médecin traitant
À la rentrée, les vaccins obligatoires pour l'école, les visites médicales dues à chaque âge, et surtout : comment trouver un médecin traitant dans le bassin de l'Arc quand les cabinets sont saturés.

La rentrée n'est pas seulement une affaire de cartables et d'emploi du temps. Elle remet aussi sur la table trois questions de santé très concrètes pour les familles du bassin de l'Arc : les vaccins sont-ils à jour pour l'école, quelles visites médicales sont dues à quel âge, et surtout, comment soigner son enfant quand on n'a pas de médecin traitant dans un secteur où les cabinets généralistes affichent complet. Voici ce que disent réellement les textes, et les recours qui existent ici, à Gardanne et alentour.
Les onze vaccins obligatoires pour entrer en crèche ou à l'école
Depuis le 1er janvier 2018, la loi rend obligatoires, pour tout enfant, onze vaccinations : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, infections à Haemophilus influenzae de type b, hépatite B, pneumocoque, rougeole, oreillons, rubéole, ainsi que les méningocoques ACWY et le méningocoque B. Cette dernière ligne a changé récemment : depuis le 1er janvier 2025, l'obligation qui portait sur le seul méningocoque C a été remplacée par la vaccination contre les méningocoques ACWY, et celle contre le méningocoque B a été ajoutée. Le parcours vaccinal complet représente huit rendez-vous et treize injections, aux âges de 2, 3, 4, 5, 6, 11 et 12 mois, avec une dernière injection entre 16 et 18 mois.
Pour toute admission en crèche, en halte-garderie ou à l'école, il faut présenter le carnet de santé avec les vaccins à jour, ou un certificat médical de contre-indication qui précise le ou les vaccins concernés (une contre-indication ne dispense jamais de la totalité du calendrier). Si les preuves manquent au moment de l'inscription, une admission provisoire de trois mois maximum reste possible le temps de régulariser, sauf pour les séjours avec hébergement collectif comme les colonies de vacances, où aucune dérogation n'est prévue.
Les visites médicales et de dépistage, âge par âge
En dehors des vaccins, le code de la santé publique prévoit des examens de santé obligatoires à des âges clés de la scolarité, remboursés à 100 % par l'Assurance Maladie et sans avance de frais pour les parents, sauf dépassement d'honoraires.
| Âge de l'examen obligatoire | Qui le réalise |
|---|---|
| À 6 ans | Médecin généraliste ou pédiatre |
| Entre 8 et 9 ans inclus | Médecin généraliste ou pédiatre |
| Entre 11 et 13 ans inclus | Médecin généraliste ou pédiatre |
| Entre 15 et 16 ans inclus | Médecin généraliste ou pédiatre |
À ces âges, l'examen porte sur la courbe de croissance, le développement physique, psychique et comportemental, les vaccinations, le dépistage des troubles sensoriels et psychiques, le suivi dentaire et les comportements favorables à la santé. À partir de 6 ans s'ajoutent, selon l'âge, l'exposition aux écrans, l'adaptation scolaire, l'activité physique, les troubles « dys » et les signes de mal-être.
Les résultats sont consignés dans le carnet de santé et peuvent être partagés sur le carnet numérique Mon espace santé, ce qui évite de reperdre les informations d'un praticien à l'autre quand la famille change de médecin. Pour les collégiens et lycéens confrontés à un mal-être, un accès facilité vers un professionnel a par ailleurs été mis en place : nous l'avions détaillé dans notre article sur le coupe-file santé mentale des élèves.
Le bilan de prévention : utile, mais pas pour les tout-petits
Beaucoup de familles entendent parler du « bilan de prévention » de l'Assurance Maladie sans savoir qui peut en profiter. Ce rendez-vous gratuit de 30 à 45 minutes avec un médecin, un infirmier, une sage-femme ou un pharmacien ne concerne pas les enfants scolarisés : il s'adresse aux 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Concrètement, dans le bassin de l'Arc, ce sont surtout les lycéens qui viennent de fêter leurs 18 ans à la rentrée, ou les parents eux-mêmes selon leur tranche d'âge, qui peuvent en bénéficier. Un annuaire des professionnels proposant ce bilan est consultable sur le site santé.fr.
Trouver un médecin traitant pour son enfant : ce qu'il faut vraiment savoir
Contrairement à une idée répandue, un enfant de moins de 16 ans n'est pas obligé d'avoir un médecin traitant déclaré : l'absence de déclaration ne diminue pas ses remboursements. Mais désigner un praticien référent reste recommandé, pour un suivi cohérent des vaccins et des visites obligatoires. C'est l'un des parents, ou le titulaire de l'autorité parentale, qui choisit et signe la déclaration, en ligne via la carte Vitale présentée en consultation, ou par le formulaire papier S3704 signé par le médecin et un parent. Entre 16 et 17 ans, l'adolescent peut choisir lui-même son médecin, mais l'accord d'un parent reste nécessaire sur le formulaire.
Pour les adultes de la famille en revanche, l'absence de médecin traitant déclaré fait chuter sensiblement le remboursement d'une consultation de généraliste, en dehors du parcours de soins coordonnés. C'est un argument de plus pour s'en préoccuper avant que le besoin ne devienne urgent.
Les recours quand les cabinets du secteur sont saturés
C'est la vraie difficulté du bassin de l'Arc : trouver un généraliste qui accepte de nouveaux patients, enfants compris. Plusieurs pistes existent, toutes vérifiables et gratuites.
- L'annuaire santé de l'Assurance Maladie (annuairesante.ameli.fr) permet de chercher un médecin généraliste par ville ou code postal, sans avoir besoin de se connecter à un compte.
- La CPTS Provence Santé, la communauté professionnelle territoriale de santé qui coordonne les soignants libéraux de treize communes du secteur (Bouc-Bel-Air, Cabriès-Calas, Châteauneuf-le-Rouge, Fuveau, Gardanne, Gréasque, Meyreuil, Mimet, Peynier, Puyloubier, Rousset, Simiane-Collongue et Trets), propose un formulaire en ligne « Je recherche un médecin traitant » ainsi qu'une version papier téléchargeable sur son site. Elle tient aussi un recensement, actualisé chaque année, des généralistes du territoire qui acceptent encore de nouveaux patients, et peut accompagner les patients les moins autonomes dans leur démarche.
- La rubrique médecin traitant d'ameli.fr rappelle qu'en l'absence de praticien disponible, des solutions peuvent exister sur son territoire de résidence, du côté des organisations coordonnées territoriales, à commencer par la CPTS.
Pour une urgence réelle, le réflexe reste le 15 (Samu). Pour tout le reste, mieux vaut passer par ces relais organisés que par une recherche au hasard : c'est la CPTS qui recense, chaque année, les généralistes du territoire encore en capacité d'accueillir de nouveaux patients.
Nos sources
Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.
- Vaccination : calendrier pour les enfants et les adultes (ameli.fr) (nouvelle fenêtre)
- Visites médicales de l'enfant : examens obligatoires (service-public.gouv.fr) (nouvelle fenêtre)
- Choisir et déclarer votre médecin traitant (ameli.fr) (nouvelle fenêtre)
- Le rôle du médecin traitant et le parcours de soins coordonnés (ameli.fr) (nouvelle fenêtre)
- Mon bilan prévention (ameli.fr) (nouvelle fenêtre)
- Des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour organiser les soins de proximité (ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur) (nouvelle fenêtre)
- Accès à un médecin traitant (CPTS Provence Santé) (nouvelle fenêtre)
- Le territoire des treize communes de la CPTS Provence Santé (nouvelle fenêtre)
- Enfants en collectivité et contrôle des vaccinations obligatoires (ARS Hauts-de-France) (nouvelle fenêtre)





