Vol ou train annulé, retardé cet été : vos droits à indemnisation
Retard de plus de trois heures, annulation, correspondance manquée : en avion comme en train, des règles précises encadrent votre indemnisation. Voici les montants, les conditions, et une nouveauté de 2026 à connaître avant de partir.

L'été est la saison des voyages, mais aussi des perturbations. En cas de problème, vos droits diffèrent selon que vous prenez l'avion ou le train, et mieux vaut les connaître avant de réclamer.
En avion : jusqu'à 600 euros, sous conditions
Le règlement européen 261/2004 s'applique à tout vol au départ d'un aéroport de l'Union européenne, ainsi qu'aux vols à destination de l'UE opérés par une compagnie européenne. Trois situations ouvrent droit à une indemnité forfaitaire : une annulation sans préavis suffisant, un refus d'embarquement pour cause de surréservation, et un retard d'au moins trois heures à l'arrivée. Le montant dépend de la distance : 250 euros pour un vol jusqu'à 1 500 km, 400 euros entre 1 500 et 3 500 km, 600 euros au-delà de 3 500 km. Cette somme s'ajoute, le cas échéant, au remboursement du billet.
Attention : la compagnie ne doit rien si le retard résulte de circonstances extraordinaires qu'elle ne pouvait éviter, comme une météo dangereuse ou une grève des contrôleurs aériens. En revanche, quelle que soit la cause, elle doit vous prendre en charge : boissons, repas, et hébergement si vous devez passer la nuit sur place. En cas d'annulation, vous choisissez entre le remboursement du billet sous 7 jours et un réacheminement vers votre destination.
En train : la garantie G30, plus avantageuse que la loi
Pour le rail, deux régimes coexistent. Le minimum légal européen (règlement 2021/782) prévoit une indemnité de 25 % du prix pour un retard de 60 à 119 minutes, et de 50 % au-delà de deux heures. Mais la SNCF applique une garantie commerciale plus généreuse, la G30, sur les TGV INOUI (y compris Lyria et les lignes internationales) et les Intercités. Dès 30 minutes de retard à l'arrivée, elle rembourse 25 % du prix du trajet, 50 % entre deux et trois heures, et 75 % au-delà de trois heures.
Autre atout : la G30 s'applique quelle que soit la cause du retard, y compris une grève ou un aléa climatique. Entre 30 minutes et une heure de retard, la compensation prend la forme d'un bon d'achat ; au-delà, elle peut être versée en argent. La demande se fait en ligne, dans un délai de 90 jours après le voyage. Les TER, Transilien et lignes régionales ne relèvent pas de la G30 : chaque région fixe ses propres règles, à vérifier localement.
Ce qui change en 2026
Depuis février 2026, une étape est devenue obligatoire pour les passagers aériens. Avant de saisir un tribunal, il faut d'abord tenter une médiation auprès d'un médiateur agréé, en pratique le Médiateur Tourisme et Voyage. La démarche suppose d'avoir adressé au préalable une réclamation écrite à la compagnie, restée sans réponse pendant deux mois ou refusée. Cette médiation demeure gratuite pour le voyageur. Faute de tentative préalable, l'action en justice peut être jugée irrecevable. Un conseil valable dans tous les cas : conservez cartes d'embarquement, billets et justificatifs de frais, indispensables pour appuyer toute demande.


