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Après le charbon, Gardanne joue 183 millions d'euros sur le biométhane

Sur le site de l'ancienne centrale, le projet Bio-Méthane Provence veut transformer du bois en fin de vie en gaz vert. La concertation publique vient de s'achever ; on vous explique le projet, ses chiffres et les questions qu'il soulève.

La rédaction3 min de lectureGardanne
Les installations de la centrale thermique de Provence à Gardanne, site du projet Bio-Méthane Provence
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0

Que faire du site de la centrale de Provence après le charbon ? À Gardanne, une réponse vient de franchir une étape : le projet Bio-Méthane Provence a fait l'objet d'une concertation publique préalable, du 11 mai au 22 juin 2026, menée sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). L'occasion de regarder de près ce que prévoit ce projet à 183 millions d'euros — et ce qu'on lui reproche.

Du bois en fin de vie transformé en gaz

L'idée : valoriser 115 000 tonnes par an de bois en fin de vie — vieilles palettes, déchets de bois du bâtiment, mobilier usagé — pour en faire de l'énergie. Selon le porteur du projet, l'installation produirait chaque année 234 GWh de biométhane, ainsi que 12 000 tonnes de bio-charbon et 32 000 tonnes de bio-CO₂ valorisables.

Concrètement, le procédé ne relève pas de la méthanisation agricole classique. Il repose sur une pyrogazéification : on chauffe le bois à très haute température, sans réelle combustion, pour le décomposer en un gaz de synthèse et en bio-charbon. Ce gaz est ensuite transformé en méthane par une étape de méthanation. C'est précisément la maturité de cette chaîne technologique qui fait débat (voir plus bas).

Un projet porté par les salariés de la centrale

Particularité du dossier : Bio-Méthane Provence est porté par les salariés issus de la centrale thermique de Provence, qui cherchent à réinventer un avenir industriel pour le site après l'arrêt du charbon. Le projet est conduit par la société ATCG en association avec Gazotech.

Sur le papier, la promesse sociale est claire : 50 emplois (dont le maintien de 23 postes existants) et environ 150 emplois indirects à terme. La mise en service est annoncée pour le premier semestre 2029.

Des associations posent leurs conditions

Tout le monde ne partage pas l'enthousiasme. France Nature Environnement 13 a fait connaître plusieurs points de vigilance pendant la concertation :

  • le trafic de camions qu'imposerait l'approvisionnement en bois recyclé, dans un bassin déjà chargé ;
  • des incertitudes sur les rejets de la pyrolyse à haute température et de la méthanation, et donc sur la maturité du procédé ;
  • l'approvisionnement forestier, qui prolongerait selon l'association le modèle contesté de la centrale biomasse voisine et ses prélèvements « sur 324 communes dans 16 départements » ;
  • un risque de saturation industrielle du site, par cumul des nuisances (bruit, trafic, pollutions chroniques, risques d'accident) ;
  • et, plus largement, la question de savoir s'il faut un nouveau projet industriel ou donner la priorité à la sobriété énergétique.

Ces réserves ne disent pas que le projet est mauvais : elles demandent que ses effets soient examinés en cumul avec les installations déjà présentes. C'est tout l'enjeu d'une concertation.

Et maintenant ?

La concertation préalable étant close, la balle repasse côté CNDP puis instruction administrative, avant d'éventuelles autorisations. D'ici la mise en service visée en 2029, beaucoup de questions restent ouvertes : impact réel sur l'air et le trafic, origine précise du bois, retombées pour l'emploi local. Le Gardannais Libre suivra ce dossier, donnera la parole aux salariés porteurs comme aux riverains et aux associations, et confrontera les annonces aux faits.

Sources


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