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Meyreuil : après l'abandon d'Hynovera, quel avenir pour l'ancienne centrale ?

L'abandon du projet Hynovera, annoncé le 16 mars 2026, rebat les cartes de la reconversion du site de la Centrale de Provence, à cheval sur Meyreuil et Gardanne. Un nouveau projet de biométhane porté par d'anciens salariés prend le relais.

La rédaction3 min de lectureMeyreuil
L'ancienne centrale de Gardanne-Meyreuil
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Sur la limite communale entre Meyreuil et Gardanne se dresse une silhouette connue de tout le bassin minier : la Centrale thermique de Provence et sa cheminée de 297 mètres, la plus haute cheminée de France. Depuis l'arrêt de la production à partir du charbon, ce vaste site est devenu le laboratoire d'une reconversion dont l'issue reste ouverte. Le printemps 2026 vient d'en écrire un nouveau chapitre.

Hynovera, un projet stoppé net

Porté par la société Hy2gen, le projet Hynovera devait installer une plateforme de production de carburants renouvelables sur une partie du site. Après une concertation publique ouverte en 2022, le projet avait été profondément remanié : abandon de la biomasse forestière au profit d'un CO2 capté et réduction de la taille de l'usine.

Le 16 mars 2026, Hy2gen a annoncé l'abandon officiel et définitif d'Hynovera. Dans son communiqué, l'entreprise explique que, fin 2025, le propriétaire du site a mis fin à ses engagements relatifs au foncier : « Sans cette disponibilité foncière, le projet ne peut espérer le développement programmé. » L'entreprise indique par ailleurs vouloir maintenir un suivi du territoire dans le cadre du « pacte pour la transition écologique et industrielle du territoire de Gardanne-Meyreuil ».

Un site encadré par un pacte de reconversion

La reconversion de la centrale ne se joue pas au coup par coup. En décembre 2020, l'État et les collectivités ont conclu le Pacte pour la transition écologique et industrielle du territoire de Gardanne-Meyreuil, adossé à une enveloppe de 10 millions d'euros de l'État issue du Fonds charbon. Ce cadre fixe quatre axes de travail : la filière bois, l'économie circulaire, les énergies d'avenir et la mobilité décarbonée. Plusieurs projets y ont été rattachés au fil des années, avec des fortunes diverses.

En parallèle, la tranche 4 continue de produire de l'électricité à partir de biomasse. D'une puissance de 150 mégawatts et remise en service en 2018, elle bénéficie d'un contrat d'achat conclu avec l'État en décembre 2024, portant sur 800 millions d'euros sur huit ans, avec un tarif garanti de 250 euros le mégawattheure. Son exploitation a repris fin décembre 2025, après régularisation administrative.

Le biométhane comme nouvelle piste

L'abandon d'Hynovera ne laisse pas le terrain vide. Un autre projet, Bio-Méthane Provence, vise désormais à valoriser le site. Il associe des acteurs industriels locaux, dont l'Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG), qui réunit d'anciens salariés du site. L'objectif : produire du biométhane à partir de bois en fin de vie, par pyrogazéification, avec du biocharbon et du bio-CO2 comme coproduits. La production visée avoisine 234 gigawattheures de biométhane par an, pour une entrée en service annoncée au premier semestre 2029 et un investissement évalué à 183 millions d'euros.

Selon ses porteurs, le projet prévoit 50 emplois créés, le maintien de 23 emplois existants et 150 emplois indirects à terme. Il est entré dans une phase de concertation préalable avec la Commission nationale du débat public, ouverte du 11 mai au 22 juin 2026, assortie de réunions publiques. Pour Meyreuil comme pour Gardanne, l'enjeu dépasse la seule question énergétique : il s'agit de décider ce que deviendra, dans la prochaine décennie, l'un des plus grands sites industriels du département.


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