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Fraude au virement : la vérification du bénéficiaire, une protection encore incomplète

Depuis octobre 2025, votre banque vérifie que le nom du bénéficiaire correspond à l'IBAN avant un virement. Une sécurité utile contre les faux RIB, qui ne dispense pas de vérifier soi-même les coordonnées reçues.

La rédaction3 min de lecture
Une personne effectue un paiement en ligne avec une carte bancaire devant un ordinateur portable
Photo d'illustration : rupixen / Unsplash

L'arnaque au faux RIB reste l'un des pièges les plus coûteux pour les particuliers comme pour les entreprises : un email piraté, une facture falsifiée, et un virement de loyer, d'acompte ou de facture part vers le compte d'un escroc au lieu du bon destinataire. Depuis le 9 octobre 2025, un dispositif européen tente de limiter ce risque. Il concerne les virements SEPA, classiques comme instantanés, réalisés depuis un site bancaire ou une application mobile.

Un contrôle automatique avant chaque virement

Le règlement européen 2024/886 du 13 mars 2024 impose aux prestataires de services de paiement situés dans la zone euro (banques, établissements de paiement, établissements de monnaie électronique) un service de vérification du bénéficiaire, désigné par l'acronyme anglais VoP pour Verification of Payee. Avant de valider un virement, la banque de l'émetteur interroge celle du bénéficiaire afin de comparer le nom saisi avec le titulaire réel du compte associé à l'IBAN.

Quatre réponses sont possibles, selon la Fédération bancaire française et l'Institut national de la consommation (INC) : correspondance exacte, correspondance partielle, absence de correspondance, ou vérification impossible lorsque la banque destinataire ne répond pas. Le service est gratuit et s'applique à l'ensemble des canaux d'initiation d'un virement SEPA, qu'il s'agisse de l'application mobile, de l'espace client en ligne ou d'un guichet automatique, précise l'INC.

L'objectif est double : réduire les erreurs de saisie d'IBAN et compliquer la tâche des fraudeurs qui usurpent l'identité d'un créancier, bailleur, artisan ou fournisseur, pour détourner un paiement.

Une alerte, pas un blocage

C'est le point à retenir : en cas de non-concordance, la banque ne bloque pas le virement. Elle affiche une alerte, mais l'utilisateur garde la main. Selon La finance pour tous, il peut alors soit abandonner l'opération, soit poursuivre son exécution sans modifier ni le nom ni l'IBAN. Un client pressé ou peu attentif peut donc valider un virement vers un IBAN frauduleux malgré l'avertissement.

Cette liberté a une contrepartie. L'INC souligne que le client qui maintient son virement malgré l'alerte le fait "en toute connaissance de cause", la banque ne pouvant plus être tenue pour responsable en cas de fraude ou d'erreur découverte ensuite. Passer outre un message de non-correspondance affaiblit donc la position de la victime dans une éventuelle discussion avec son établissement.

Les réflexes à conserver

Le dispositif ne remplace pas la prudence de base. Avant de régler une facture, un dépôt de garantie ou un acompte sur la base d'un RIB reçu par email, mieux vaut appeler directement l'entreprise ou le particulier concerné, sur un numéro connu à l'avance, pour confirmer les coordonnées bancaires. C'est particulièrement utile à l'approche de la rentrée, quand les virements se multiplient : cautions de logement étudiant, frais de scolarité, acomptes à des artisans ou à des agences.

En cas de doute au moment de valider, mieux vaut suspendre l'opération et contacter sa banque plutôt que de confirmer dans l'urgence. Si un virement frauduleux a déjà été exécuté, la plateforme publique Cybermalveillance.gouv.fr recommande d'alerter immédiatement sa banque pour tenter de suspendre le virement, de prévenir le créancier dont l'identité a été usurpée, de conserver les preuves comme les emails et les relevés de compte, puis de déposer plainte. La banque peut réclamer une copie de ce dépôt de plainte pour instruire une demande de remboursement.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Institut national de la consommation (INC) : Virements bancaires, du nouveau le 9 octobre (nouvelle fenêtre)
  2. La finance pour tous : Virement, la vérification du bénéficiaire par la banque devient obligatoire (nouvelle fenêtre)
  3. Fédération bancaire française : La sécurité des virements renforcée à partir du 9 octobre 2025 (nouvelle fenêtre)
  4. Cybermalveillance.gouv.fr : Que faire en cas de fraude au virement ou au faux RIB ? (nouvelle fenêtre)

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