Résidences secondaires : la majoration de taxe d'habitation à 60% gagne du terrain
En 2026, 1 666 communes majorent la taxe d'habitation des résidences secondaires, dont 688 au taux maximal de 60%. Calcul, cas de dégrèvement et calendrier des avis, attendus début novembre.

Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, seuls les propriétaires de résidences secondaires continuent d'en recevoir l'avis chaque automne. Et pour un nombre croissant d'entre eux, la facture s'alourdit : de plus en plus de communes activent une majoration qui peut atteindre 60% de la part communale.
Une majoration appliquée par 1 666 communes en 2026
Le dispositif n'est pas nouveau. « Depuis 2017, certaines communes peuvent voter une majoration de la part de la cotisation de la taxe d'habitation qui leur revient pour les résidences secondaires », rappelle l'administration fiscale sur impots.gouv.fr, qui précise que « cette majoration peut être comprise entre 5% et 60% ».
Toutes les communes ne peuvent pas y recourir. Le levier est réservé à celles qui appartiennent à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants marquée par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements, indique service-public.gouv.fr, qui souligne que « l'application de cette majoration se fait après délibération du conseil municipal ».
Selon une étude de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) relayée par MoneyVox, 1 666 communes sur les 3 689 éligibles au dispositif ont choisi de l'appliquer en 2026, soit 45%. La proportion était de 44,1% en 2025 et de 41% en 2024. Le recours au plafond progresse lui aussi : 688 communes appliquent la majoration maximale de 60% cette année, contre 657 sur les 1 629 communes majorantes de 2025.
Entre ces deux extrêmes, les taux votés s'échelonnent : 139 communes se situent entre 40 et 60%, 207 entre 30 et 40%, 278 entre 20 et 30% et 354 entre 5 et 20%.
Une pratique plus fréquente dans l'Ouest et le Sud
Le recours à la majoration est très inégal selon les régions. La Bretagne arrive nettement en tête avec 84,6% des communes éligibles qui l'appliquent, devant la Nouvelle-Aquitaine (67,9%) et les Pays de la Loire (65,1%), toujours selon les données DGFiP citées par MoneyVox.
La façade méditerranéenne se situe également au-dessus de la moyenne nationale de 45,2% : Provence-Alpes-Côte d'Azur affiche 52,4% et l'Occitanie 51,7%. L'Auvergne-Rhône-Alpes atteint exactement 50%. Ces territoires ont pour point commun une forte pression sur le logement et une part importante de résidences secondaires, deux critères au cœur de la logique du dispositif.
Comment le montant est calculé
La base de calcul reste classique. « La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est calculée d'après la valeur locative cadastrale de l'habitation et de ses dépendances, en appliquant les taux votés par les collectivités locales », détaille impots.gouv.fr.
Un point pèse lourd dans la facture : « Les résidences secondaires ne bénéficient d'aucun abattement », précise la même source. À surface et à localisation comparables, le montant dû est donc mécaniquement plus élevé que ce qu'aurait donné une résidence principale avant la réforme. La majoration éventuellement votée par la commune vient s'ajouter à cette base.
Trois cas permettent de demander un dégrèvement
La majoration n'est pas définitive pour tous les propriétaires concernés. Service-public.gouv.fr recense trois situations dans lesquelles une exonération peut être demandée.
La première vise les personnes dont l'activité professionnelle impose de résider près de leur résidence secondaire. La deuxième concerne celles qui sont hébergées durablement dans un établissement de soins, leur ancienne résidence principale devenant de fait une résidence secondaire. La troisième s'applique lorsque « la résidence n'est pas habitable, pour une cause étrangère à votre volonté », le site citant l'exemple de travaux nécessaires pour rendre le logement décemment habitable.
Dans ces trois cas, l'exonération n'est pas automatique : elle suppose de déposer une réclamation, justificatifs à l'appui, auprès du service des impôts des particuliers.
Les avis attendus à partir du 2 novembre
Le calendrier 2026 est désormais connu. Les avis seront mis en ligne dans l'espace particulier du site impots.gouv.fr à compter du 2 novembre 2026 pour les contribuables non mensualisés, et à partir du 16 novembre pour les mensualisés.
Pour les envois papier, la distribution est prévue entre le 5 et le 16 novembre 2026 pour les non-mensualisés, et entre le 19 et le 26 novembre pour les mensualisés. Le paiement doit intervenir avant le 15 décembre 2026.
Les propriétaires qui estiment avoir été taxés à tort, notamment en cas de majoration appliquée alors qu'ils remplissent l'une des conditions de dégrèvement, n'ont pas à attendre cette échéance pour engager une réclamation.
Nos sources
Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.
- impots.gouv.fr : comment est calculée la taxe d'habitation pour ma résidence secondaire (nouvelle fenêtre)
- impots.gouv.fr : à quelle date vais-je recevoir mon avis de taxe d'habitation (nouvelle fenêtre)
- service-public.gouv.fr : taxe d'habitation sur les résidences secondaires (nouvelle fenêtre)
- MoneyVox : la majoration à 60% de la taxe d'habitation 2026 concerne plus de communes (nouvelle fenêtre)


