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Solaire résidentiel : revendre son surplus à EDF ne rapporte presque plus rien

Depuis le 5 juin 2026, un arrêté a ramené le tarif de rachat du surplus solaire à 1,1 centime par kilowattheure et supprimé la prime à l'autoconsommation. Pour les particuliers, consommer sa propre électricité devient bien plus intéressant que la revendre.

La rédaction3 min de lecture
Des panneaux photovoltaïques installés sur le toit d'une maison
Photo d'illustration : Vivint Solar / Unsplash

Un arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin, a modifié en profondeur les conditions de rachat de l'électricité solaire produite par les particuliers. Le texte modifie l'arrêté du 6 octobre 2021 qui encadre l'obligation d'achat du photovoltaïque sur bâtiment, hangar ou ombrière. Il s'applique aux nouvelles installations relevant de ce cadre tarifaire, dont la puissance est inférieure ou égale à 100 kilowatts crête, c'est-à-dire l'immense majorité des projets résidentiels. L'information reste utile aux foyers qui envisagent de faire poser des panneaux à la rentrée : les règles du jeu ont changé, et mieux vaut les connaître avant de signer un devis.

Un tarif de rachat unique, très bas

Jusqu'alors, le prix auquel EDF Obligation d'Achat (EDF OA) rachetait le surplus d'électricité solaire non consommé par le foyer variait selon la puissance de l'installation et faisait l'objet de révisions trimestrielles par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), ces révisions ne s'appliquant qu'aux nouveaux contrats. Pour les petites installations résidentielles, il s'établissait autour de 4 centimes d'euro par kilowattheure avant la réforme.

L'arrêté du 1er juin 2026 met fin à cette grille variable. Son article 8 dispose que « le montant de ce tarif d'achat TPa est égal à 1,1c€/kWh hors TVA ». Le même article prévoit que « ce tarif d'achat fait l'objet d'une indexation de 2 % par an », appliquée à chaque date d'anniversaire de la prise d'effet du contrat d'achat, conclu pour vingt ans. Selon les professionnels du secteur, cette indexation porte le tarif à un maximum d'environ 1,63 centime par kilowattheure en fin de contrat.

Le texte abroge par ailleurs l'article 9 de l'arrêté de 2021, qui organisait la prime à l'investissement, plus connue sous le nom de prime à l'autoconsommation. Cette aide, versée par EDF OA à la mise en service, s'élevait à 80 euros par kilowatt crête pour les installations jusqu'à 9 kWc, soit un maximum de 720 euros. Elle disparaît pour les demandes complètes de raccordement déposées à compter du 5 juin 2026 ; les dossiers déposés avant cette date restent soumis aux conditions antérieures, et les contrats déjà signés ne sont pas remis en cause.

Ce que cela change pour les foyers

Concrètement, revendre son surplus d'électricité ne rapporte plus grand-chose. À l'inverse, chaque kilowattheure autoconsommé, c'est-à-dire produit et utilisé directement par le foyer sans passer par le réseau, évite d'acheter ce même kilowattheure au tarif facturé par le fournisseur, très largement supérieur au tarif de rachat : plus de 20 centimes achetés d'un côté, 1,1 centime revendu de l'autre.

Le nouveau cadre tarifaire envoie donc un message clair : la rentabilité d'un projet solaire résidentiel repose désormais sur la part d'électricité effectivement consommée sur place, et beaucoup moins sur la revente du surplus au réseau.

Adapter son projet avant de s'équiper

Pour les foyers qui étudient un projet de panneaux solaires, plusieurs points méritent d'être vérifiés avant de signer :

  • privilégier un dimensionnement adapté à sa propre consommation plutôt qu'à la surface de toiture disponible, afin de maximiser la part autoconsommée ;
  • interroger l'installateur sur l'intérêt d'un pilotage de la consommation (déclenchement des appareils énergivores aux heures de production) ou d'une batterie de stockage, dont le coût doit être mis en regard du gain réel ;
  • demander la date exacte de dépôt de la demande complète de raccordement auprès du gestionnaire de réseau, puisque c'est elle, et non la date de pose des panneaux, qui détermine le régime tarifaire applicable ;
  • comparer plusieurs devis, car les gains se font désormais sur la facture d'électricité évitée et non sur la revente, ce qui modifie les hypothèses de rentabilité mises en avant par certains vendeurs.

Le texte intégral de l'arrêté est consultable sur Légifrance, qui reste la référence officielle en cas de doute sur les conditions applicables à un projet précis.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Légifrance : arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 fixant les conditions d'achat de l'électricité photovoltaïque (JORF n°0129 du 4 juin 2026) (nouvelle fenêtre)
  2. Hellowatt : tarif de rachat photovoltaïque, le régime en vigueur depuis juin 2026 (nouvelle fenêtre)
  3. Hellio : arrêté tarifaire photovoltaïque, ce qui change en 2026 (nouvelle fenêtre)
  4. Selectra : la prime à l'autoconsommation supprimée en 2026, ce qui la remplace (nouvelle fenêtre)
  5. ENGIE Particuliers : tarif de rachat de l'électricité photovoltaïque en 2026 (nouvelle fenêtre)
  6. Koliving : à 1,1 c€/kWh, revendre son surplus solaire ne rapporte presque plus rien (nouvelle fenêtre)

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