Vinted, Leboncoin : quand faut-il déclarer ses ventes aux impôts en 2026 ?
Vider ses placards en ligne n'a rien d'illégal, mais certaines ventes doivent être signalées au fisc. Voici les seuils, les cas non imposables et les situations qui déclenchent un impôt, à jour de la réglementation 2026.

Chaque année, des millions de Français revendent vêtements, meubles ou objets d'occasion sur Vinted, Leboncoin ou d'autres plateformes. Une question revient sans cesse : faut-il déclarer cet argent aux impôts ? La réponse tient à une distinction simple, entre le particulier qui se débarrasse de ses affaires et celui qui en fait un commerce.
Vendre ses affaires personnelles n'est pas imposable
Revendre des objets dont vous n'avez plus l'usage, un canapé, un manteau, un vieux téléphone, ne génère aucun impôt, à condition qu'il s'agisse de ventes occasionnelles de biens personnels. L'administration considère que vous vous séparez d'un bien, le plus souvent à un prix inférieur à celui payé à l'achat : il n'y a donc ni bénéfice, ni activité professionnelle. Ces sommes n'ont pas à figurer dans votre déclaration de revenus.
La situation change si vous achetez pour revendre, ou si vous fabriquez des objets pour les vendre. Il ne s'agit plus de vider ses placards mais d'une activité commerciale habituelle. Les gains relèvent alors des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et doivent être déclarés, généralement sous le régime de la micro-entreprise.
Les seuils qui font remonter vos ventes au fisc
Depuis la directive européenne DAC7, les plateformes transmettent chaque année à l'administration fiscale la liste des vendeurs et leurs encaissements. Ce signalement est automatique dès que vous dépassez, sur une même plateforme et sur l'année civile, l'un de ces deux seuils : 2 000 euros de ventes OU 30 transactions.
Attention à un point souvent mal compris : ce signalement n'est pas un impôt. Il sert seulement à alimenter votre déclaration pré-remplie. Vous pouvez très bien dépasser 30 ventes de vêtements personnels sans rien devoir. À l'inverse, une seule vente peut être imposable même si la plateforme ne l'a pas signalée. Le vendeur reste responsable de déclarer ce qui est réellement imposable. Chaque début d'année, la plateforme vous adresse aussi un récapitulatif des montants transmis, utile à vérifier.
Quand une vente devient réellement imposable
Trois cas concrets doivent vous alerter, même pour une vente unique.
D'abord, la plus-value sur un objet vendu à plus de 5 000 euros. Si vous cédez un bien pour un prix supérieur à ce montant et au-dessus de son prix d'achat, la plus-value est taxée à 19 %, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Un abattement de 5 % par an à partir de la deuxième année de détention efface l'impôt au bout de vingt-deux ans. Bonne nouvelle : les meubles meublants, l'électroménager et les automobiles sont expressément exonérés, quel que soit le prix de vente.
Ensuite, les métaux précieux, comme l'or ou l'argent. Leur revente est soumise à une taxe forfaitaire de 11 %, majorée de 0,5 % de CRDS, soit 11,5 % du prix, et cela sans seuil minimal.
Enfin, les bijoux, objets d'art, de collection ou d'antiquité vendus à plus de 5 000 euros : la taxe forfaitaire s'élève à 6 %, plus 0,5 % de CRDS, soit 6,5 %. En dessous de 5 000 euros, ces objets sont exonérés.
En cas de doute, mieux vaut conserver ses preuves d'achat et interroger le service des impôts. La règle d'or reste la même : vider sa maison ne coûte rien, en faire un commerce ou céder un objet de valeur peut, lui, se déclarer.


