Prime de partage de la valeur : montant, conditions et fiscalité en 2026
Souvent appelée « prime Macron », la prime de partage de la valeur peut atteindre 6 000 euros exonérés de cotisations. Mais l'exonération d'impôt, elle, dépend de votre entreprise et de votre salaire. Le point clair et à jour.

La prime de partage de la valeur (PPV), souvent appelée « prime Macron », permet à un employeur de verser une somme à ses salariés en bénéficiant d'un régime social et fiscal avantageux. Facultative, elle est décidée par accord d'entreprise ou par décision unilatérale de l'employeur. Voici ce qu'il faut retenir en 2026.
Un plafond de 3 000 ou 6 000 euros
Le montant de la prime et sa répartition sont fixés par l'employeur. Il peut la moduler selon la rémunération, l'ancienneté, la classification, la durée de présence ou la durée de travail des salariés, mais pas selon d'autres critères. L'exonération de cotisations sociales, salariales comme patronales, s'applique dans la limite de 3 000 euros par bénéficiaire et par an. Ce plafond est porté à 6 000 euros lorsque l'entreprise est couverte par un accord d'intéressement ou de participation. Cette exonération de cotisations est pérenne, quelle que soit la taille de l'entreprise. Un employeur peut verser jusqu'à deux primes distinctes au cours d'une même année civile, en une ou plusieurs fois, dans la limite d'un versement par trimestre.
Une fiscalité qui dépend de la taille de l'entreprise
C'est ici que les situations divergent. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, la prime versée aux salariés dont la rémunération des douze derniers mois est inférieure à trois fois le SMIC reste totalement exonérée : pas de CSG ni de CRDS, et pas d'impôt sur le revenu. Ce régime renforcé est prévu jusqu'au 31 décembre 2026. Dans tous les autres cas, c'est-à-dire pour les entreprises de 50 salariés et plus, ou pour les salariés payés au-delà de trois SMIC, la prime reste exonérée de cotisations mais devient soumise à la CSG et à la CRDS (9,7 %) et à l'impôt sur le revenu. Pour les entreprises d'au moins 250 salariés, un forfait social de 20 % s'ajoute à la charge de l'employeur.
Placer la prime pour échapper à l'impôt
Il existe une option pour éviter l'impôt sur le revenu, y compris quand la prime est en principe imposable. À sa demande, le salarié peut affecter tout ou partie de la prime à un plan d'épargne entreprise (PEE) ou à un plan d'épargne retraite d'entreprise (PER). Les sommes ainsi placées sont alors exonérées d'impôt sur le revenu. En contrepartie, l'épargne est bloquée : cinq ans pour un PEE, jusqu'à la retraite pour un PER, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, mariage, naissance d'un troisième enfant, etc.). Le salarié dispose généralement d'un délai de quinze jours pour demander cette affectation, et certaines entreprises complètent le versement par un abondement.
À noter enfin : depuis 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés qui réalisent un bénéfice net fiscal d'au moins 1 % de leur chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. La PPV est l'un des moyens de remplir cette obligation, aux côtés de la participation, de l'intéressement ou d'un plan d'épargne salariale.


