Mimet : le rempart médiéval effondré restauré à l'identique en moins de trois mois
Effondré le 19 décembre rue du Mistral, un pan du rempart millénaire de Mimet a été relevé en moins de trois mois grâce à une technique héritée des mineurs de fond. Une statue de la Vierge a été bénie dans sa niche avant la cérémonie du 8 mai.

Un pan de mur millénaire qui cède en pleine soirée d'hiver
Le vendredi 19 décembre 2025, en fin d'après-midi, un pan du rempart médiéval de Mimet s'effondre rue du Mistral, en plein centre ancien du village, au pied de l'église. Selon le récit publié par la mairie, un premier éboulement de quelques pierres se produit à 15h53, suivi à 17h14 d'un second effondrement, bien plus important, sur la même portion de mur. Les pluies tombées les jours précédents ont pu fragiliser l'ouvrage.
Aucun blessé n'est à déplorer. Une famille qui habite juste en face, à environ trois mètres de la façade, doit toutefois évacuer son logement. Un périmètre de sécurité interdit aussitôt l'accès piéton et automobile au secteur, avec des rondes de jour comme de nuit. Une entreprise spécialisée intervient en urgence, y compris la nuit, pour consolider provisoirement le site, et le 22 décembre des protections en béton armé de plus de deux tonnes chacune sont mises en place.
Le mur concerné appartient à l'enceinte du village fortifié, bâtie entre le dixième et le douzième siècle. Sur place, l'adjoint à la sécurité Francis Molina raconte avoir d'abord vu quatre pierres tomber sur la chaussée vers 16 heures. Le maire Georges Cristiani annonce, lui, dès les premiers jours, une reconstruction fidèle à l'ouvrage d'origine, écartant l'idée d'une réparation en béton gris qui aurait dénaturé le caractère patrimonial du centre ancien. La mairie évoque alors le recours à des tailleurs de pierre.
Une restauration avec une technique héritée des mineurs de fond
Plutôt que de couler du béton, la commune fait donc appel à une méthode ancienne, habituellement utilisée pour consolider les galeries de mines souterraines. Les travaux, supervisés par l'adjoint Lordine Belarbi, permettent de remettre en état la portion effondrée en moins de trois mois, en respectant l'appareillage de pierre d'origine.
Ce choix technique n'a rien d'anecdotique dans un bassin où la mémoire du fond reste vive. Il illustre aussi une préoccupation partagée par beaucoup de petites communes perchées du massif de l'Étoile : préserver un patrimoine bâti vieux de plusieurs siècles sans le banaliser par des matériaux modernes, alors que les épisodes de pluies intenses fragilisent régulièrement les vieilles maçonneries. Mimet, qui culmine à 500 mètres d'altitude, reste le plus haut village des Bouches-du-Rhône, et son centre ancien concentre l'essentiel de ces murs de pierre.
Une niche et une statue pour clore le chantier
La fin du chantier a été marquée par un geste symbolique. Une statue de la Vierge, offerte par le maire, a été installée dans une niche aménagée au sein du rempart restauré, puis bénie par le curé de la paroisse Notre-Dame de la Paix de Mimet avant la cérémonie du 8 mai, qui commémore chaque année la victoire de 1945.
Moins de cinq mois auront donc séparé l'effondrement de ce petit rituel de clôture. Pour les habitants, l'épisode aura surtout rappelé la fragilité des vieux murs de pierre qui bordent les ruelles du centre ancien, et le coût, en temps comme en savoir-faire, d'une restauration menée à l'identique plutôt qu'au plus simple. Aucun chiffrage du chantier n'a été rendu public par la commune à ce jour.
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