Mimet, plus haut village des Bouches-du-Rhône : panoramas, sentiers et glacière royale
Perché sur la chaîne de l'Étoile, Mimet est la plus haute commune des Bouches-du-Rhône. Entre panoramas à 360 degrés, sentiers de randonnée et une glacière royale du XVIIe siècle, tour d'horizon d'un village belvédère.

Accroché à sa butte rocheuse de la chaîne de l'Étoile, Mimet regarde de haut le reste du département. Avec un centre de village posé aux alentours de 497 mètres et un point culminant, la Tête du Grand-Puech, à 779 mètres, la commune revendique le titre de plus haute des Bouches-du-Rhône. Sur 18,7 kilomètres carrés, elle abrite environ 4 241 habitants au dernier recensement de l'Insee (2023), les Mimétains, et appartient à la Métropole d'Aix-Marseille-Provence. À une poignée de kilomètres de Gardanne, ce belvédère naturel offre l'un des tours d'horizon les plus larges du secteur.
Un balcon sur la Provence
Depuis les crêtes qui ceinturent le village, le regard embrasse la montagne Sainte-Victoire à l'est, le bassin minier de Gardanne en contrebas, Marseille et sa rade au sud, jusqu'aux hauteurs de la Sainte-Baume. Le massif de l'Étoile, qui traverse tout le territoire communal, en fait un terrain de randonnée reconnu. Les itinéraires balisés grimpent vers le Pilon-du-Roi, le col Sainte-Anne ou le sommet du Grand-Puech, ouvrant sur de vastes panoramas. La commune a d'ailleurs installé cette pratique dans son calendrier avec le Trail de Mimet, créé en 2007, qui envoie chaque année les coureurs sur ces sentiers de garrigue et de forêt.
Le site n'a rien d'anodin sur le plan historique. Sur les hauteurs, l'oppidum de la Tête de l'Ost témoigne d'une occupation protohistorique ancienne, dont l'activité culmine au IIe siècle avant notre ère, tandis que l'ancien monastère Notre-Dame-des-Anges, fondé vers 1220 selon la tradition locale, rappelle la vocation de refuge de ces sommets.
Un patrimoine perché
Le vieux village se découvre à pied, par ses ruelles étroites qui montent vers l'église de la Transfiguration-du-Seigneur, dont les origines remontent au Moyen Âge et qui a été remaniée au fil des siècles. À proximité, la tour de l'horloge, ancrée sur le rocher et coiffée de son campanile de fer forgé, signale la silhouette du bourg de loin. Le Château-Bas complète cet ensemble bâti, souvent présenté comme le monument le plus imposant de la commune.
Quand Mimet fournissait la glace de Marseille
Le patrimoine le plus surprenant se cache en contrebas du village : la glacière de Mimet, considérée comme la première de Provence. Son histoire est datée avec précision. Le 31 décembre 1642, à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIII signe des lettres patentes accordant à des marchands marseillais le monopole, pour dix ans, de produire et vendre de la glace. L'ouvrage, un puits circulaire de sept mètres de diamètre, est édifié entre 1642 et 1646.
Le principe est ingénieux. De décembre à février, l'eau gèle dans des bassins ; la glace est ensuite stockée dans le puits isolé, puis vidée à partir de l'été. Elle prend alors le chemin de Marseille à dos de mulet, par le col Sainte-Anne, jusqu'au lieu-dit la Débite, point de vente qui a laissé son nom au paysage. Là, la glace servait à rafraîchir les vins, préparer les sorbets et approvisionner les hôpitaux, à l'époque où rafraîchir les tables marseillaises passait par les hauteurs de l'Étoile.
Entre panoramas, sentiers et vestiges, Mimet réunit ainsi, sur quelques centaines de mètres de dénivelé, un condensé de la géographie et de l'histoire provençales.


