Devenir micro-entrepreneur en 2026 : création, cotisations et seuils à connaître
Le régime de la micro-entreprise reste la voie la plus simple vers l'activité indépendante. Démarches, taux de cotisations et plafonds de chiffre d'affaires : le point à jour, sources officielles à l'appui, pour se lancer sans mauvaise surprise en 2026.

Le régime de la micro-entreprise, souvent appelé auto-entrepreneur, repose sur un principe simple : des démarches allégées et des cotisations calculées uniquement sur ce que l'on encaisse. Voici l'essentiel à jour en 2026.
Créer son activité : une déclaration en ligne et gratuite
La création se fait exclusivement sur le guichet unique des formalités, géré par l'INPI (procedures.inpi.fr), devenu le point de passage obligatoire. La démarche est gratuite pour la plupart des activités. Il faut renseigner son identité, l'adresse de l'activité, sa nature (commerciale, artisanale ou libérale) et une pièce justificative. Un numéro SIRET est ensuite attribué, en général en quelques jours à quelques semaines. Certaines professions réglementées (bâtiment, coiffure, alimentation) exigent un diplôme ou une qualification. Un compte bancaire dédié devient obligatoire dès que le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite.
Cotisations : un pourcentage de ce que l'on encaisse
Le régime micro-social applique un taux forfaitaire au chiffre d'affaires réellement encaissé : pas de recette, pas de cotisation. En 2026, les taux déclarés à l'Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre, sont de 12,3 % pour la vente de marchandises et l'hébergement, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales, 23,2 % pour les professions libérales relevant de la Cipav, et 25,6 % pour les autres professions libérales (BNC), ce dernier taux ayant augmenté d'un point au 1er janvier. Une contribution à la formation professionnelle, de 0,1 % à 0,3 % selon l'activité, s'y ajoute. Les nouveaux inscrits peuvent bénéficier de l'Acre, une exonération partielle de cotisations la première année, sous conditions.
Sur le plan fiscal, le bénéfice imposable est obtenu après un abattement forfaitaire : 71 % pour la vente, 50 % pour les services commerciaux, 34 % pour le libéral. Les micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 29 579 € pour une personne seule peuvent opter pour le versement fiscal libératoire, qui règle l'impôt en même temps que les cotisations, au taux de 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires selon l'activité.
Seuils 2026 : les plafonds à surveiller
Deux plafonds distincts, à ne pas confondre. Le seuil du régime lui-même, relevé pour la période 2026 à 2028, s'établit à 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Un dépassement ponctuel est toléré, mais deux années consécutives au-dessus font basculer vers le régime réel.
Le second seuil, plus bas, est celui de la franchise en base de TVA, qui dispense de facturer la taxe. La réforme qui devait l'abaisser a été abandonnée fin 2025 : les seuils restent à 85 000 € pour le négoce et 37 500 € pour les services, avec des seuils majorés à 93 500 € et 41 250 €. Franchir ces montants oblige à facturer la TVA, un point à anticiper dans ses tarifs.
En pratique, tenir un livre des recettes, conserver ses factures et déclarer son chiffre d'affaires, même nul, restent les trois réflexes indispensables pour conserver le bénéfice de ce régime.


