Don du sang et don d'organes : comment s'engager et ce qu'il faut savoir en 2026
Deux gestes solidaires, deux cadres distincts. Sources officielles à l'appui, voici qui peut donner son sang, comment se déroule un don et ce que dit la loi sur le prélèvement d'organes après le décès, avec les nouvelles règles en vigueur depuis le 15 juin 2026.

Donner son sang : qui peut, comment ça se passe
Selon l'Établissement français du sang (EFS), le don de sang total est ouvert à toute personne de 18 à 70 ans, en bonne santé et pesant au moins 50 kilos. Avant chaque don, un entretien médical confidentiel est obligatoire : seul le personnel de santé de l'EFS confirme l'aptitude à donner le jour même, en vérifiant l'absence de contre-indication.
Côté rythme, un homme peut donner jusqu'à 6 fois par an, une femme jusqu'à 4 fois, avec un délai minimum de 8 semaines entre deux dons de sang total. Le rendez-vous dure environ une heure : le prélèvement lui-même prend une dizaine de minutes, suivi d'un temps de repos d'une vingtaine de minutes avec une collation. On donne dans une Maison du don ou lors d'une collecte mobile ; les rendez-vous se prennent sur le site dondesang.efs.sante.fr.
Ce qui change depuis le 15 juin 2026
Un arrêté du 20 mars 2026 a fait évoluer les critères de sélection des donneurs, applicables depuis le 15 juin 2026. Plusieurs délais d'attente sont désormais précisés :
- En cas d'infection avec fièvre supérieure à 38 °C, il faut attendre 2 semaines après la disparition des symptômes.
- Après une intervention chirurgicale, le délai est d'au moins 1 semaine pour une opération mineure, et de 4 mois pour une intervention majeure.
- Après des soins dentaires, comptez 1 jour pour un soin simple, 1 semaine pour un traitement plus important.
- Après un tatouage, un piercing, une séance d'acupuncture ou de mésothérapie, un délai de 2 mois s'applique, sauf si le matériel utilisé était strictement à usage unique.
Ces ajustements s'inscrivent dans un mouvement d'assouplissement progressif engagé ces dernières années, l'objectif étant de sécuriser les dons tout en élargissant le nombre de donneurs possibles.
Don d'organes : le consentement présumé et le registre des refus
Le don d'organes obéit à une logique très différente. En France, la loi pose le principe du consentement présumé : toute personne majeure est considérée comme d'accord pour un prélèvement de ses organes après son décès, sauf si elle a fait connaître son refus de son vivant.
Pour s'opposer, le principal outil est le registre national des refus, accessible en ligne ou par courrier sur registrenationaldesrefus.fr, dès l'âge de 13 ans. On peut aussi confier un écrit daté et signé à un proche, ou exprimer son refus à l'oral : les proches en témoigneront alors auprès de l'équipe médicale. Avant tout prélèvement, cette équipe consulte systématiquement le registre et informe la famille. Le don est gratuit et anonyme, et les frais liés au prélèvement sont pris en charge par l'établissement de santé. Il existe par ailleurs le don du vivant, qui concerne surtout le rein et, plus rarement, une partie du foie.
Les besoins restent importants. Selon l'Agence de la biomédecine, la France a réalisé 6 148 greffes d'organes en 2025, un record historique. Mais au 1er janvier 2026, 23 294 personnes étaient en attente d'une greffe, et 966 patients sont décédés faute de greffon disponible en 2025. Le taux d'opposition au prélèvement, de 37,1 % en 2025, illustre le rôle décisif de la transmission de sa volonté à ses proches, quel que soit son choix.


