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Apprentissage : ce qui change pour les aides à l'embauche à la rentrée 2026

Supprimée pour les contrats conclus au 1er janvier, l'aide exceptionnelle à l'embauche d'apprentis a été rétablie par un décret du 6 mars 2026, avec des montants qui varient désormais selon la taille de l'entreprise et le niveau de diplôme préparé.

La rédaction4 min de lecture
Des ouvriers au travail dans un atelier, image d'illustration de l'apprentissage
Photo d'illustration : Septian setiawan / Unsplash

Chaque année, la rentrée de septembre concentre l'essentiel des signatures de contrats d'apprentissage. Pour les entreprises qui envisagent de recruter un apprenti, les règles financières ont changé en cours d'année 2026, avec un barème plus fragmenté qu'auparavant.

Une aide supprimée, puis rétablie par décret

Jusqu'à fin 2025, deux dispositifs coexistaient : l'aide unique à l'apprentissage, prévue par le code du travail, et une aide exceptionnelle qui élargissait le soutien public. Pour les contrats conclus à partir du 1er janvier 2026, le ministère du Travail a indiqué que « les employeurs ne pourront plus bénéficier de l'aide exceptionnelle » et que « seule l'aide unique à l'apprentissage, prévue par le code du travail, demeure mobilisable, sous réserve de remplir les conditions légales », dans un contexte budgétaire marqué par l'absence d'adoption de la loi de finances pour 2026 avant la fin de l'année, rapporte LégiSocial.

La parenthèse aura duré un peu plus de deux mois. Le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis, publié au Journal officiel du 7 mars, rétablit le dispositif pour les contrats conclus à compter du 8 mars 2026, à condition que la date de début d'exécution du contrat intervienne avant le 1er janvier 2027. L'aide est ouverte au titre de la première année d'exécution du contrat.

Des montants différenciés selon la taille et le diplôme

Le décret fixe des montants maximaux qui dépendent à la fois de l'effectif de l'entreprise et du niveau du diplôme préparé.

Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l'aide atteint 4 500 euros pour un apprenti préparant un diplôme de niveau 5, c'est-à-dire un bac+2 de type BTS, et 2 000 euros pour un niveau 6 ou 7, de la licence au master. Pour les formations allant jusqu'au niveau 4, soit du CAP au baccalauréat, c'est l'aide unique aux employeurs d'apprentis qui reste mobilisable, pour un montant de 5 000 euros.

Pour les entreprises de 250 salariés et plus, les montants sont nettement inférieurs : 2 000 euros pour les niveaux 3 et 4, du CAP au baccalauréat, 1 500 euros pour un niveau 5 et 750 euros pour les niveaux 6 et 7.

Un cas déroge à ce barème quel que soit l'effectif de l'entreprise : le texte précise que « ce montant est porté à 6 000 euros maximum pour les contrats conclus avec une personne reconnue travailleur handicapé ».

Attention au non-cumul

C'est le point le plus souvent mal compris. Le décret indique expressément que « l'aide mentionnée au I n'est pas cumulable avec l'aide unique aux employeurs d'apprentis ». Autrement dit, les deux dispositifs ne s'additionnent pas : une seule aide peut être accordée pour un même apprenti et pour une même formation, rappelle de son côté la chambre de métiers et de l'artisanat de Normandie.

Pour un employeur qui recrute cette rentrée, l'écart n'est donc pas anodin. Une entreprise de moins de 250 salariés qui embauche un futur technicien supérieur en BTS peut prétendre à 4 500 euros, contre 2 000 euros pour un apprenti préparant un master. Une entreprise de 250 salariés et plus qui recrute un apprenti en CAP ou en bac professionnel percevra 2 000 euros, soit moins de la moitié de ce que touche une petite structure pour le même niveau de diplôme.

Les démarches restent automatiques

Le circuit de versement, lui, ne change pas. L'aide est versée par l'Agence de services et de paiement (ASP), sans demande formelle de l'employeur : celui-ci déclare l'embauche de l'apprenti dans sa déclaration sociale nominative, l'opérateur de compétences enregistre le contrat et le transmet aux services du ministère chargé de la formation professionnelle, puis à l'ASP. Selon service-public.fr, « le versement de l'aide est automatique, mensuel, avant le paiement du salaire », dans la limite de douze mois.

Deux paramètres méritent donc d'être vérifiés avant toute signature : la date exacte de conclusion du contrat, qui doit être postérieure au 8 mars 2026, et le niveau du diplôme visé. Ce sont eux qui déterminent le montant auquel l'entreprise peut prétendre. La chambre de métiers et de l'artisanat de Normandie rappelle par ailleurs que le contrat doit être transmis dans les six mois suivant son exécution et que les montants sont proratisés pour les contrats d'une durée inférieure à un an.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Légifrance : Décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis (nouvelle fenêtre)
  2. entreprendre.service-public.gouv.fr : Recrutement d'un apprenti, ce qui change (nouvelle fenêtre)
  3. entreprendre.service-public.gouv.fr : Aide aux employeurs d'apprentis (fiche pratique F23556) (nouvelle fenêtre)
  4. LégiSocial : Aides à l'embauche d'apprentis, ce qui change à compter du 1er janvier 2026 (nouvelle fenêtre)
  5. Centre Inffo : Aide exceptionnelle à l'embauche d'apprentis, publication du décret (nouvelle fenêtre)
  6. Chambre de métiers et de l'artisanat de Normandie : Aides au recrutement d'un apprenti à la rentrée 2026 (nouvelle fenêtre)
  7. Emploi LR : Le décret confirme les nouveaux montants pour les embauches d'apprentis (nouvelle fenêtre)

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