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Trets, cité médiévale : remparts, château et l'église aux mille ans d'histoire

Château seigneurial, remparts du XIVe siècle et église classée : au pied de la Sainte-Victoire, Trets a conservé l'ossature d'une véritable cité médiévale. Visite d'un patrimoine où chaque pierre raconte mille ans d'histoire.

La rédaction3 min de lectureTrets
La cité médiévale de Trets
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Perchée dans la haute vallée de l'Arc, au pied de la chaîne du Régagnas et face à la Sainte-Victoire, Trets (10 946 habitants en 2023, Bouches-du-Rhône) a gardé le tracé serré d'une cité médiévale. Ruelles étroites, passages voûtés, tours carrées : le cœur ancien se lit encore comme un livre de pierre. Trois monuments en résument l'histoire : un château seigneurial, une ceinture de remparts et une église classée.

Le château et les remparts, l'ossature de la cité

Le château dit des Remparts a probablement été bâti entre le XIIe et le XIIIe siècle. Grande bâtisse en forme de L, il porte encore les traces d'un système défensif : mâchicoulis, gargouilles, archères. La commune de Trets l'a acquis en 1992 et y a installé la Maison du Tourisme et de la Culture, boulevard Étienne Boyer.

Les remparts, eux, sont venus s'appuyer sur cette construction. Selon le guide édité par la ville, ils ont été élevés entre la fin du XIIIe siècle et 1330, postérieurement au château, et étaient bordés de larges fossés. À l'origine, l'enceinte comptait huit tours, carrées pour la plupart, et trois portes fortifiées : la porte de Pourrières, la porte d'Amont (aussi appelée Saint-Jean) et la porte de Clastre. Aujourd'hui subsistent quatre tours ainsi que les portails de Saint-Jean et de Pourrières. La porte de Clastre, elle, a été démolie au XIXe siècle.

La porte de Pourrières mérite l'arrêt. Cette tour rectangulaire, édifiée en pierres de taille, constituait au XIVe siècle l'entrée principale de la ville. Elle conserve des mâchicoulis et porte la trace d'une ancienne herse. Non loin, les passages voûtés rappellent que des populations nombreuses devaient trouver à se loger à l'abri des remparts.

Notre-Dame-de-Nazareth, mille ans d'histoire

L'église Notre-Dame-de-Nazareth est le joyau du bourg. La première source écrite attestant le bâtiment remonte à l'an mille ; en 1056, le prieuré est rattaché au fief de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Tombant en ruine, l'édifice est reconstruit par la communauté en 1323, puis consacré en 1325 par l'évêque Jourdan, mandaté par l'archevêque d'Aix. De l'édifice ancien ne subsistent que l'abside, la première travée et le pan de mur du fond.

Son intérêt tient à cette superposition de styles : roman le plus simple, gothique naissant, puis baroque. La tour-clocher carrée, haute de 28 mètres et dont la construction est amorcée au XVe siècle au-dessus de la chapelle Saint-Jean, devait servir de tour d'observation. L'église est classée au titre des Monuments historiques depuis 1945.

Un trésor baroque signé Veyrier

Le chœur abrite l'œuvre d'un enfant du pays. Christophe Veyrier, né à Trets en 1637, formé dans l'atelier de Pierre Puget et passé par l'atelier du Bernin à Rome, conçoit en 1686 le maître-autel et son retable dans le style baroque. Le retable de l'Annonciation, haut-relief en stuc blanc, représente l'archange Gabriel annonçant à Marie qu'elle portera le fils de Dieu. Le maître-autel est réalisé en marbres polychromes, dont certains proviennent des carrières de Saint-Jean-du-Puy, sur les hauteurs de Trets, exploitées par la famille Veyrier. C'est l'une des œuvres majeures du sculpteur, dont les créations s'exposent aujourd'hui de Trets à Versailles en passant par Londres, New York et Paris.

Des visites guidées de la cité, proposées par la Maison du Tourisme et de la Culture, permettent de parcourir château, remparts, portes et passages voûtés d'un même pas.


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