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Succession et donation : abattements, barème des droits, ce qu'il faut savoir en 2026

Abattement de 100 000 euros par enfant, exonération totale du conjoint, barème progressif jusqu'à 45 % : voici les règles à connaître pour transmettre son patrimoine, et un dispositif exceptionnel qui prend fin le 31 décembre 2026.

La rédaction3 min de lecture
La plaque dorée d'une étude notariale
Photo : D.R.

La transmission d'un patrimoine, de son vivant ou au moment du décès, obéit à des règles fiscales précises. Comprendre les abattements et le barème permet d'anticiper, et parfois de réduire fortement la note. Voici l'essentiel, à jour de la situation en vigueur au premier semestre 2026.

Succession : ce que l'on paie selon le lien de parenté

Au décès, chaque héritier bénéficie d'un abattement, c'est-à-dire une somme exonérée avant tout calcul. Pour un enfant, cet abattement est de 100 000 euros sur la part reçue de chaque parent. Il est de 15 932 euros entre frères et sœurs, de 7 967 euros pour un neveu ou une nièce, et de 1 594 euros à défaut d'un autre abattement applicable. Une personne en situation de handicap bénéficie en plus d'un abattement spécifique de 159 325 euros, cumulable avec celui lié à la parenté.

Point capital souvent ignoré : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession depuis la loi de 2007. Ils ne paient rien, quel que soit le montant reçu.

Au-delà de l'abattement, un barème progressif s'applique. En ligne directe (entre parents et enfants), les taux vont de 5 % pour la première tranche jusqu'à 45 % au-delà de 1 805 677 euros, en passant par 20 % sur la large tranche allant de 15 933 à 552 324 euros. Entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu'à 24 430 euros, puis de 45 %. Pour les parents éloignés et les personnes sans lien de parenté, la taxation grimpe à 55 % ou 60 %.

Donation : anticiper de son vivant

Donner de son vivant permet de profiter des mêmes abattements, avec un atout majeur : ils se reconstituent tous les 15 ans. Chaque parent peut ainsi donner 100 000 euros à chacun de ses enfants en franchise de droits, soit 200 000 euros par enfant pour un couple, puis recommencer 15 ans plus tard.

D'autres abattements existent : 31 865 euros pour un petit-enfant, 5 310 euros pour un arrière-petit-enfant, 7 967 euros pour un neveu ou une nièce. S'y ajoute le don familial de sommes d'argent, exonéré à hauteur de 31 865 euros, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire soit majeur. Ce dispositif se cumule avec l'abattement classique et se renouvelle lui aussi tous les 15 ans.

Ce qui change concrètement en 2026

Une mesure exceptionnelle mérite l'attention avant la fin de l'année. Depuis le 15 février 2025 et jusqu'au 31 décembre 2026, un don familial de somme d'argent peut être exonéré jusqu'à 100 000 euros par donateur, dans la limite de 300 000 euros par bénéficiaire en cumulant plusieurs donateurs.

Les conditions sont strictes. La somme doit servir, dans les six mois, à l'achat d'un logement neuf ou en VEFA, à sa construction, ou à des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov'. Le bénéficiaire doit être un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant (ou un neveu ou une nièce à défaut de descendance), et le logement doit rester résidence principale pendant au moins cinq ans. La déclaration s'effectue en ligne sur impots.gouv.fr.

En pratique, un couple aidant un enfant à acquérir son premier logement neuf peut lui transmettre jusqu'à 200 000 euros sans le moindre droit, en plus de l'abattement de 100 000 euros par parent déjà disponible. Une fenêtre limitée dans le temps, qu'il vaut mieux préparer avec un notaire.


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