Plan de Campagne : couvre-feu pour les mineurs non accompagnés jusqu'au 24 octobre
Après les pillages du 17 octobre, le préfet interdit aux mineurs seuls la zone commerciale de Plan de Campagne de 22 h à 5 h. Ce qui est permis, ce qui ne l'est pas, et ce que les maires de Cabriès et des Pennes-Mirabeau réclament encore à l'État.

Depuis le mardi 20 octobre au soir, les mineurs non accompagnés n'ont plus le droit de se trouver dans la zone commerciale de Plan de Campagne entre 22 heures et 5 heures du matin. La mesure découle d'un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui vise aussi plusieurs secteurs commerçants de Marseille et la zone des Paluds à Aubagne. Elle répond aux pillages du samedi 17 octobre, qui ont aussi touché cette zone commerciale.
Ce que prévoit l'arrêté
L'interdiction ne concerne que les mineurs qui ne sont pas accompagnés d'au moins l'un de leurs représentants légaux. Un adolescent venu dîner ou faire ses courses avec l'un de ses parents n'est donc pas visé. Le cinéma Pathé est exclu du périmètre : ses dernières séances commencent vers 22 heures. À propos des commerces et restaurants de la zone, Romain Amaro, maire des Pennes-Mirabeau, a expliqué à France 3 : « On ne doit pas pénaliser leur chiffre d'affaires, qui est déjà en baisse avec le pouvoir d'achat en berne ».
Selon l'arrêté publié mardi en fin de journée, cité par France 3, le couvre-feu s'applique chaque nuit jusqu'au samedi 24 octobre à 5 heures, soit une dernière nuit du vendredi au samedi. Selon Maritima, la mesure a été prise en concertation avec les maires et les représentants du monde économique ; la police nationale et les polices municipales sont mobilisées pour le faire respecter, et toute violation constitue une infraction pénale passible de poursuites.
Pourquoi Plan de Campagne
Le 17 octobre, en marge de la manifestation contre la vie chère, un groupe de 60 à 80 jeunes a enchaîné les vols : après le Centre Bourse de Marseille, La Valentine et Grand Littoral, il est arrivé à Plan de Campagne, rapporte ICI Provence. Selon la radio, à partir de 16 heures, l'Apple Store puis la boutique Réservoir ont été visés ; le magasin de vêtements Icon a été entièrement pillé et le rayon téléphonie de Darty vidé. Le calme n'est revenu que vers 1 heure ou 2 heures du matin, grâce à l'intervention de la police nationale.
Dès le dimanche matin, les maires de Cabriès, des Pennes-Mirabeau et de Septèmes-les-Vallons ont tenu une réunion de crise avec les commerçants. Ils ont obtenu le renfort d'une brigade de gendarmerie pour le dimanche soir ; les commerçants ont engagé des vigiles supplémentaires et prévoient d'éclairer la zone toute la nuit.
Les deux maires rappellent le poids du site : 500 commerces, 7 500 salariés et 40 millions de visiteurs par an, selon leur communiqué commun. D'où un couvre-feu taillé au plus près. « On fait de la dentelle », a résumé mardi matin sur ICI Provence Amapola Ventron, maire de Cabriès, une formule reprise par son homologue des Pennes-Mirabeau.
La suite : le samedi 24 octobre en ligne de mire
Le dispositif pourrait se durcir. Dans leur communiqué du 20 octobre, Amapola Ventron et Romain Amaro écrivent que le couvre-feu, réservé pour l'instant aux mineurs, « pourrait être étendu à tous dans les jours qui viennent ». Le maire des Pennes-Mirabeau espère aussi sa prolongation au moins jusqu'au dimanche 25 octobre : un « acte II » de la manifestation contre la vie chère est annoncé pour le samedi 24.
Les deux élus renouvellent enfin leur demande à l'État : un dispositif de type Vigipirate et des militaires de l'opération Sentinelle, déjà déployés lors de plusieurs fêtes de Noël. « C'est simplement assurer une présence », a fait valoir la maire de Cabriès, qui dénonce le manque de policiers : selon elle, la circonscription, qui couvre sept communes, ne compte que 100 à 120 policiers nationaux pour un effectif théorique de 210.
Ces violences ont aussi conduit Saint-Marc-Jaumégarde et Peynier à rassembler leurs habitants devant la mairie le 19 octobre. Cet été, les deux maires avaient déjà fait front commun sur l'avenir de la zone, en s'opposant à l'arrivée de Primark. Au soir du 20 octobre, aucune prolongation n'avait encore été annoncée.
Nos sources
Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.
- Ville de Cabriès, « Communiqué de presse conjoint : Plan de Campagne » (20 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)
- Maritima, « Marseille, Aubagne, Cabriès et Les Pennes-Mirabeau : couvre-feu pour les mineurs dans les zones commerciales » (20 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)
- France 3 Provence-Alpes, « Préserver le chiffre d'affaires des commerçants déjà en baisse » : comme à Marseille, la zone commerciale de Plan de Campagne instaure un couvre-feu nocturne (20 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)
- ICI Provence, « Violences du 17 octobre : après Marseille, les casseurs s'attaquent à la zone commerciale de Plan de Campagne » (18 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)
- ICI Provence, « Nous allons annoncer un couvre-feu partiel sur Plan de Campagne », affirme la maire de Cabriès (20 octobre 2026) (nouvelle fenêtre)





