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Oncoelectronics : Rod O'Connor et Alanna Harlton, l'implant anti-tumeur de Gardanne

Sur le campus Georges Charpak de Gardanne, Rod O'Connor et Alanna Harlton développent un implant souple ultrafin qui délivre des champs électriques pour freiner le glioblastome, le cancer du cerveau le plus fréquent chez l'adulte.

La rédaction2 min de lectureGardanne
Portrait d'Oncoelectronics (Rod O'Connor et Alanna Harlton), Gardanne
Photo : Oncoelectronics, avec autorisation

Au château Laurin, sur le campus Aix-Marseille-Provence Georges Charpak de l'École des Mines de Saint-Étienne, à Gardanne, une start-up cherche à transformer un courant électrique en arme contre le cancer du cerveau. Oncoelectronics, incubée depuis janvier 2024 à TEAM@Mines, mise sur un implant souple pour s'attaquer au glioblastome, la tumeur cérébrale la plus fréquente chez l'adulte.

Deux parcours, un projet

Le projet est né dans la tête de Rodney O'Connor, dit Rod, professeur écossais et ancien responsable du département de bioélectronique de l'établissement gardannais, où il continue d'enseigner. Chercheur au Centre de microélectronique de Provence, il occupe le rôle de directeur scientifique de la jeune société.

À ses côtés, Alanna Harlton, Canadienne originaire de Vancouver, dirige l'entreprise. Arrivée en Provence grâce à un French Tech Visa, elle pilote le développement d'Oncoelectronics, épaulée par l'ingénieur de recherche Martin Bača. La société a été formellement constituée en octobre 2024, après plusieurs mois d'incubation au sein du programme de deux ans porté par TEAM@Mines, en coïncubation avec Impulse à Marseille.

Un champ électrique contre les cellules tumorales

Le principe : un implant organique souple, d'une épaisseur inférieure à 5 microns, placé dans la cavité laissée par le retrait chirurgical de la tumeur. Le dispositif génère un champ électrique localisé destiné à attirer puis détruire les cellules cancéreuses résiduelles, celles qui échappent au bistouri et provoquent les récidives. Rod O'Connor parle d'une « nouvelle forme d'immunothérapie par l'électricité ». L'approche se veut une alternative, ou un complément, à la chimiothérapie et à la radiothérapie.

Le dispositif a été testé sur des cellules, des organoïdes et des souris. L'étape suivante passe par des essais sur de plus gros animaux, dans le cadre d'un partenariat avec VetAgro Sup Lyon, avant d'espérer des essais cliniques chez l'humain, qui pourraient débuter dès 2027. Plusieurs hôpitaux sont cités comme partenaires : l'Institut Paoli-Calmettes, Gustave Roussy et l'hôpital Marie Lannelongue.

Une reconnaissance et une levée de fonds

La start-up a gagné en visibilité au printemps 2025 : elle figurait parmi les 30 finalistes du prix de l'Innovation de l'année à VivaTech, le salon technologique parisien qui se tenait du 11 au 14 juin 2025. Localement, elle a aussi reçu un soutien de 25 000 euros du Crédit Agricole Alpes Provence.

Pour franchir les étapes les plus coûteuses, le passage aux essais précliniques puis cliniques, Oncoelectronics est en quête de financements. L'objectif affiché de cette première phase est de réunir 2 millions d'euros. Une ambition à la hauteur de l'enjeu : offrir, depuis Gardanne, une piste supplémentaire face à une maladie au pronostic encore très lourd.


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