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Jean-Marc La Piana, le médecin qui a fait de Gardanne une maison pour la fin de vie

En 1994, en pleine crise du sida, ce médecin a ouvert à Gardanne La Maison, lieu de vie pour personnes en fin de vie. Trente ans plus tard, la structure est une référence nationale des soins palliatifs.

La rédaction2 min de lectureGardanne
Portrait de Jean-Marc La Piana, fondateur de La Maison de Gardanne
Photo transmise avec autorisation

À Gardanne, derrière le nom volontairement simple de « La Maison » se tient l'une des structures les plus reconnues de l'accompagnement de la fin de vie en France. À son origine, un médecin : Jean-Marc La Piana, qui l'a fondée et qui la dirige toujours.

D'une urgence sanitaire à un projet de vie

La Maison de Gardanne est inaugurée le 7 octobre 1994, en pleine épidémie de sida, à une époque où les traitements ne parvenaient pas à enrayer la progression de la maladie. Jean-Marc La Piana la crée avec Chantal Bertheloot et Jean-Louis Guigues, pour accueillir des malades alors souvent livrés à eux-mêmes. Le jour de l'ouverture, dix personnes y sont accueillies, dont huit atteintes du sida.

Le projet répond à un constat : il manquait un lieu pour les personnes atteintes d'une maladie incurable, dont le temps est compté ou qui n'espèrent pas de guérison. Avec les années, La Maison a élargi son accueil bien au-delà du seul VIH, vers les personnes atteintes de pathologies graves et incurables.

Un lieu pensé comme une maison, pas comme un hôpital

La singularité du projet tient à son atmosphère. L'établissement se veut un entre-deux entre l'hôpital et la maison, où la médicalisation est volontairement discrète. Ici, pas de couloirs froids ni de blouses blanches systématiques : un patio verdoyant, un coin bibliothèque, un salon avec cheminée et même un piano à queue blanc dans l'entrée. Les résidents restent libres d'aller et venir et de garder la main sur leurs choix, l'objectif étant le confort et la qualité de vie plutôt que la seule prolongation médicale.

La structure propose plusieurs formes d'accompagnement : hospitalisation, hôpital de jour et équipe mobile à domicile, avec 38 lits en hospitalisation. Les séjours sont intégralement pris en charge par la sécurité sociale. La demande dépasse largement les places disponibles : en moyenne, une admission est acceptée pour trois demandes.

Une référence nationale, trente ans après

En 2024, La Maison de Gardanne a fêté ses 30 ans. Devenue un modèle pour les soins palliatifs, elle illustre la conviction défendue de longue date par son fondateur : tant que tout le monde n'a pas accès à un accompagnement de qualité, on risque de priver des malades du temps qu'il leur reste à vivre. Pour Jean-Marc La Piana, à partir du moment où il y a un accompagnement, les patients veulent souvent continuer à vivre.

À l'heure où le débat national sur la fin de vie occupe une large place dans le pays, l'expérience patiemment construite à Gardanne par ce médecin reste un point de repère, ancré dans le territoire mais observé bien au-delà.


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