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Puyloubier : le Domaine du Capitaine Danjou, la maison des légionnaires invalides

À Puyloubier, au pied de la Sainte-Victoire, le Domaine du Capitaine Danjou abrite d'anciens légionnaires invalides. Un lieu de mémoire, un musée de l'uniforme et un vignoble en Côtes de Provence, ouverts à la visite.

La rédaction3 min de lecturePuyloubier
Le Domaine du Capitaine Danjou à Puyloubier
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Au pied du versant sud de la montagne Sainte-Victoire, à Puyloubier, un domaine de plus de 200 hectares abrite une institution unique en France : la maison des légionnaires invalides. Ici, d'anciens soldats de la Légion étrangère, blessés, invalides ou sans ressources, trouvent un toit, un travail et une communauté. Autour d'eux, un vignoble en appellation Côtes de Provence, un musée et des ateliers d'art font vivre un lieu ouvert au public, où l'on peut visiter, déguster et acheter le vin cultivé par les pensionnaires.

Une maison née des guerres d'Indochine

Le domaine porte le nom du capitaine Jean Danjou, figure fondatrice de la mémoire légionnaire. Le 30 avril 1863, à Camerone au Mexique, cet officier tomba à la tête d'une soixantaine d'hommes face à des milliers de soldats mexicains. Amputé d'une main une dizaine d'années plus tôt en Algérie, à la suite d'un accident d'arme, il portait une prothèse de bois articulée, aujourd'hui conservée au musée de la Légion à Aubagne et honorée chaque 30 avril. Son nom scelle l'esprit du lieu : fidélité et solidarité entre légionnaires.

L'institution elle-même est plus récente. Le 12 octobre 1953, le domaine est acquis par l'État, alors que la guerre d'Indochine renvoie en France de nombreux légionnaires blessés. Le 12 mai 1954, le général Pierre Kœnig inaugure l'Institution des invalides de la Légion étrangère. Sa mission n'a pas changé : accueillir, loger et permettre la réinsertion d'anciens légionnaires qui n'ont pas d'autre solution. Un bâtiment en demi-cercle, l'hémicycle, financé en partie par une journée de solde de l'ensemble des légionnaires dans les années 1950, complète le château restauré.

Le vin des légionnaires

Au fil des années, un vignoble s'est étendu autour de la bastide. Il couvre aujourd'hui environ 40 hectares, auxquels s'ajoute une oliveraie de 8 hectares. Les vignes sont travaillées par les pensionnaires eux-mêmes, qui récoltent et sélectionnent le raisin ; la vinification est assurée par la cave coopérative de la Sainte-Victoire. Les vins portent l'appellation Côtes de Provence, dont la dénomination Sainte-Victoire, en rouge, blanc et rosé, et sont vendus à la boutique du domaine.

Ce vin n'est pas qu'un produit : il contribue à financer l'accueil des invalides et prolonge une tradition ancrée dans l'histoire de la Légion. La tradition légionnaire veut d'ailleurs que le nom de Camerone reste associé au partage d'une dernière bouteille de vin entre le capitaine Danjou et ses hommes avant le combat.

Un domaine ouvert à la visite

Au-delà de sa fonction sociale, le domaine se visite. Le musée de l'Uniforme de la Légion étrangère y présente une collection retraçant l'évolution de la tenue du légionnaire de 1831 à 1962, avec quelque 150 uniformes ainsi que des armes et divers objets authentiques. Des ateliers d'artisanat font aussi partie de la vie du lieu : la reliure, avec la restauration de livres anciens, et la céramique, qui réalise des pièces sur commande.

Le domaine se parcourt du mardi au dimanche, généralement de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, le lundi l'après-midi seulement, et il est fermé les 1er janvier et 25 décembre. Un restaurant permet de déjeuner sur place, sur réservation à l'avance. Les périodes de vendanges, à l'automne, offrent l'occasion de découvrir un vignoble pas comme les autres, où chaque grappe raconte une histoire de reconstruction. Ceux qui souhaitent préparer leur venue peuvent consulter le site de la commune ou celui de la Légion pour connaître les horaires et conditions d'accès à jour.


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