Congé proche aidant et AJPA : aider un proche dépendant sans quitter son emploi
Épauler un parent malade ou un enfant handicapé peut se faire sans démissionner. Le congé de proche aidant protège votre poste et l'AJPA verse jusqu'à 66,64 euros par jour. Mode d'emploi à jour en 2026.

De plus en plus de Français accompagnent au quotidien un parent âgé, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap. Beaucoup ignorent qu'un dispositif permet de le faire sans mettre en péril leur emploi ni la totalité de leurs revenus. Décryptage.
Un congé ouvert à tous, sans condition d'ancienneté
Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre ou de réduire son activité pour s'occuper d'une personne dépendante de son entourage. Bonne nouvelle : il ne réclame aucune ancienneté dans l'entreprise. Il concerne les salariés en CDI comme en CDD, mais aussi les agents publics, les travailleurs indépendants et les demandeurs d'emploi indemnisés.
Le proche aidé peut être un conjoint, un partenaire de Pacs, un ascendant, un descendant, un frère, une sœur, ou plus largement une personne âgée ou handicapée avec laquelle vous entretenez des liens étroits et stables. Elle doit résider en France et présenter soit un taux d'incapacité d'au moins 80 % reconnu par la MDPH, soit une perte d'autonomie évaluée en GIR 1 à 4.
Côté durée, le congé est fixé à trois mois, renouvelable, dans la limite d'un an sur l'ensemble de la carrière. Il peut être pris d'un bloc, fractionné en périodes plus courtes ou transformé en temps partiel, avec l'accord de l'employeur. Pendant cette période, le contrat de travail est suspendu, pas rompu : l'ancienneté est conservée et un entretien professionnel est prévu au retour.
Combien touche-t-on ? L'AJPA, jusqu'à 66,64 euros par jour
Le congé n'est pas rémunéré par l'employeur, sauf disposition plus favorable d'une convention collective. Pour compenser la perte de salaire, l'Allocation journalière du proche aidant (AJPA) prend le relais. En 2026, elle s'élève à 66,64 euros pour une journée complète et à 33,32 euros pour une demi-journée.
L'allocation est versée par la CAF, ou par la MSA pour le régime agricole, dans la limite de 22 jours par mois. Chaque personne aidée ouvre un compteur de 66 jours. Depuis janvier 2025, le dispositif est rechargeable : si vous accompagnez successivement plusieurs proches, vous pouvez cumuler jusqu'à 264 jours au total, pour un maximum de quatre personnes sur votre carrière.
Point important : l'AJPA n'est soumise à aucune condition de ressources. Elle dépend uniquement de votre situation d'aidant et de la réduction ou de l'arrêt de votre activité. Elle est en revanche imposable et doit être déclarée aux impôts.
Bien préparer sa demande
La marche à suivre se joue en deux temps. Il faut d'abord prévenir son employeur, en principe au moins un mois avant le début du congé, ce délai pouvant être raccourci en cas d'urgence, par exemple une dégradation soudaine de l'état de santé du proche. La demande s'accompagne d'une déclaration sur l'honneur attestant du lien avec la personne aidée et d'un justificatif de son handicap ou de sa perte d'autonomie.
Il faut ensuite déposer la demande d'AJPA auprès de la CAF ou de la MSA, à l'aide du formulaire dédié. Chaque mois, une attestation permet de déclarer les jours réellement pris. À noter enfin : le recours au congé de proche aidant peut ouvrir droit à l'assurance vieillesse des aidants, qui permet de continuer à valider des trimestres pour la retraite. Un point à vérifier auprès de sa caisse pour ne pas pénaliser ses futurs droits.


