Christine Ferrario, la voix qui veut donner des droits à l'Arc
À Meyreuil, Christine Ferrario a cofondé fin 2023 l'association Arc Fleuve Vivant, dont elle est coprésidente. Elle défend une rivière souvent oubliée : l'Arc, du mont Aurélien à l'étang de Berre.

Sur les berges de l'Arc, à Meyreuil, la rivière serpente entre les arbres avant de poursuivre sa route vers l'étang de Berre. C'est au bord de ce fleuve côtier, né au pied du mont Aurélien, dans le Var, que Christine Ferrario a choisi de mener un combat patient : faire reconnaître l'Arc comme un être vivant, à protéger et à respecter.
Une association née d'un constat
À l'automne 2023, Christine Ferrario cofonde l'association Arc Fleuve Vivant, dont elle est aujourd'hui coprésidente aux côtés de Stéphane Salord. Autour d'eux, plusieurs membres fondateurs, dont feu Jean-Charles Rolland, partagent la même inquiétude : un fleuve côtier de plus de 80 kilomètres, qui traverse de nombreuses communes, mais dont personne ne semble porter la voix d'un bout à l'autre de son cours.
Le diagnostic est sévère. L'Arc souffre de pollutions multiples : azote, phosphore, métaux lourds, hydrocarbures et produits phytosanitaires. Face à ce constat, l'association se fixe un objectif : protéger la rivière, contribuer à sa renaturation et unifier les actions de protection, depuis sa source jusqu'à l'étang de Berre.
Donner une personnalité juridique à une rivière
L'initiative la plus marquante portée par Christine Ferrario et ses cofondateurs tient en quelques mots : une « Déclaration des droits de l'Arc ». Proclamée le 9 novembre 2023 avec l'appui de l'association Notre Affaire à Tous, elle vise à doter le fleuve d'une personnalité juridique, afin qu'il puisse, par la voix de représentants, participer aux décisions qui le concernent.
L'idée s'inscrit dans le mouvement émergent des droits de la nature. « Cette nouvelle initiative montre le rôle catalyseur de la société civile dans l'émergence des droits de la nature en France », souligne Marine Yzquierdo, avocate et membre de Notre Affaire à Tous, qui accompagne la démarche en tant que présidente d'honneur de l'association.
Des gardiens et des mains dans la rivière
Mais Christine Ferrario ne se contente pas de plaidoyer. L'association entend animer un réseau d'amis, de gardiens et de représentants de l'Arc, chargés de veiller sur la rivière au quotidien. Elle veut aussi mobiliser la société civile, les élus, les administrations et les acteurs économiques autour de la protection du fleuve.
Sur le terrain, cela se traduit par des actions concrètes : des nettoyages citoyens des berges, où des volontaires munis de gants, de pinces et de sacs ramassent plastiques, mégots et autres déchets le long du cours d'eau.
Discrète mais déterminée, Christine Ferrario incarne cette conviction simple : une rivière n'est pas un décor ni un égout, mais un être vivant qui mérite des défenseurs. À Meyreuil comme tout au long de son cours, l'Arc a désormais une sentinelle.


