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Chauffage cet hiver : entretien de chaudière, trêve hivernale, ce qu'il faut savoir

Entretien annuel de la chaudière obligatoire, trêve hivernale du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027, chèque énergie et aides à la rénovation : ce que dit la loi avant l'hiver dans le bassin gardannais.

La rédaction6 min de lecture
Un coin du vieux village, à Cabriès
Photo : René Hourdry / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

L'automne s'installe et, avec lui, la question du chauffage revient dans les foyers du bassin gardannais. Entre l'entretien de la chaudière, la trêve hivernale qui protège les locataires en difficulté et les aides encore mobilisables, plusieurs règles se croisent. Voici ce que fixe la loi, avec les échéances qui comptent pour l'hiver 2026-2027.

L'entretien annuel de la chaudière : une obligation, pas un conseil

Le contrôle annuel des chaudières individuelles dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kilowatts, soit la quasi-totalité des chaudières domestiques à gaz, au fioul ou au bois, est une obligation inscrite aux articles R. 224-41-4 et suivants du code de l'environnement, issus du décret n° 2009-649 du 9 juin 2009, et précisée par l'arrêté du 15 septembre 2009, modifié en 2020 puis en 2022. Le professionnel qualifié qui intervient doit vérifier l'appareil, le nettoyer et le régler si besoin, évaluer son rendement et ses émissions polluantes, et donner des conseils sur son bon usage.

Dans un logement loué équipé d'une chaudière individuelle, l'article R. 224-41-5 du code de l'environnement place l'entretien à l'initiative de l'occupant, donc du locataire, sauf stipulation contraire du bail. Le coût suit la même logique : l'annexe du décret n° 87-712 du 26 août 1987 range parmi les réparations locatives le rinçage et le nettoyage des corps de chauffe et des tuyauteries, ainsi que le remplacement des joints des appareils à gaz. Quand le chauffage est collectif, le même article confie l'organisation de l'entretien de la chaudière commune au propriétaire ou au syndic de copropriété, et le coût est ensuite répercuté dans les charges.

La réglementation ne prévoit pas d'amende directe en cas d'oubli. Mais les conséquences existent : un assureur habitation peut refuser d'indemniser un sinistre lié à une chaudière non entretenue, un propriétaire peut retenir une somme sur le dépôt de garantie s'il doit faire réaliser lui-même l'entretien manquant, et surtout, une chaudière mal réglée expose au risque d'intoxication au monoxyde de carbone. L'article R. 224-41-8 du code de l'environnement impose au professionnel d'établir une attestation d'entretien et de la remettre au commanditaire dans un délai de quinze jours suivant sa visite, l'annexe 5 de l'arrêté du 15 septembre 2009 admettant que l'original soit remis sous forme dématérialisée. Ce document, que le commanditaire doit conserver et tenir à disposition des agents de contrôle pendant au moins deux ans, est la preuve du respect de l'obligation en cas de sinistre, de vente ou de changement de locataire.

Type de chaudièreQui organise l'entretienQui le paie
Individuelle, en locationLe locataire (sauf stipulation du bail)Le locataire
Individuelle, propriétaire occupantLe propriétaireLe propriétaire
Collective (immeuble)Le propriétaire ou le syndicRépercuté dans les charges

La trêve hivernale 2026-2027 : dates exactes, deux protections

La trêve hivernale s'étend, comme chaque année, du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027. Ces dates sont fixées par la loi et ne dépendent ni de la météo ni d'une décision locale. Deux textes distincts s'appliquent pendant cette période.

Pour les expulsions locatives, l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution suspend l'exécution de toute mesure d'expulsion, même quand le propriétaire a obtenu un jugement favorable : la force publique ne peut pas être requise avant le 1er avril 2027. Le texte prévoit deux limites. Le sursis ne joue pas si le relogement des intéressés est assuré dans des conditions suffisantes respectant l'unité et les besoins de la famille, ni lorsque l'expulsion a été prononcée en raison d'une introduction sans droit ni titre dans le domicile d'autrui à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. Pour tout autre lieu que le domicile occupé par ces mêmes procédés, le juge peut supprimer ou réduire le bénéfice de la trêve.

Pour les factures d'énergie, l'article L. 115-3 du code de l'action sociale et des familles interdit à un fournisseur d'électricité, de gaz ou de chaleur de couper la fourniture dans une résidence principale pour non-paiement entre le 1er novembre et le 31 mars. Nuance : pour l'électricité, une réduction de puissance reste possible en cas d'impayé, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie ; pour le gaz et le chauffage urbain, aucune réduction n'est autorisée.

Ce que la trêve ne fait pas

La trêve gèle l'exécution, pas la dette ni la procédure. Le loyer impayé continue de courir, les intérêts aussi, et un propriétaire peut faire délivrer un commandement de payer, assigner son locataire et obtenir un jugement pendant la trêve : seule la sortie physique du logement attend le 1er avril. Le diagnostic social et financier, que le décret du 4 août 2026 déclenche désormais dès le commandement de payer dans le parc privé, vise justement à trouver une solution avant ce stade. Côté énergie, la facture s'accumule aussi : la trêve empêche la coupure, pas l'endettement.

Chèque énergie et aides à la rénovation : ce qui reste ouvert

Le chèque énergie 2026, envoyé automatiquement aux foyers modestes depuis avril, reste mobilisable pour régler les factures de chauffage, quelle que soit l'énergie utilisée. Côté travaux, MaPrimeRénov' continue de financer l'isolation, la ventilation ou le remplacement d'un chauffage, avec une restriction depuis le 1er septembre pour les rénovations d'ampleur qui conserveraient un chauffage au gaz. En complément, la prime Coup de pouce Chauffage, financée par les certificats d'économies d'énergie et pilotée par le ministère de la Transition écologique, aide au remplacement d'une chaudière au fioul, au gaz ou au charbon par une pompe à chaleur, une chaudière biomasse ou un raccordement à un réseau de chaleur, avec un montant majoré pour les ménages modestes.

Et concrètement, pour nous ?

Dans le bassin gardannais, où le parc de maisons individuelles chauffées au gaz ou au fioul reste important, l'entretien annuel de la chaudière est le geste le plus simple à ne pas oublier avant les premiers froids : il protège la santé du foyer et évite un refus d'assurance en cas de sinistre. Pour les locataires en difficulté, la trêve hivernale qui débute le 1er novembre offre un répit sur l'expulsion et les coupures d'énergie, mais elle n'efface ni le loyer ni les factures dues : mieux vaut engager tôt un dialogue avec son bailleur, son fournisseur ou le centre communal d'action sociale de sa mairie plutôt que d'attendre le printemps. Pour qui prépare des travaux, les aides nationales restent accessibles, mais leurs règles ont changé au 1er septembre : un rendez-vous avec un conseiller France Rénov' avant de signer un devis reste le réflexe le plus sûr.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Légifrance, articles R. 224-41-4 à R. 224-41-9 du code de l'environnement (entretien annuel des chaudières de 4 à 400 kW) (nouvelle fenêtre)
  2. Légifrance, article R. 224-41-8 du code de l'environnement (attestation d'entretien : délai de quinze jours, conservation deux ans) (nouvelle fenêtre)
  3. Légifrance, arrêté du 15 septembre 2009 relatif à l'entretien annuel des chaudières dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kilowatts (version en vigueur) (nouvelle fenêtre)
  4. Légifrance, annexe du décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives (nouvelle fenêtre)
  5. Légifrance, article L. 115-3 du code de l'action sociale et des familles (trêve hivernale, coupures d'énergie) (nouvelle fenêtre)
  6. Légifrance, article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution (trêve hivernale, expulsions) (nouvelle fenêtre)
  7. Service Public, impayés de loyer : un accompagnement social déclenché plus tôt (décret n° 2026-739 du 4 août 2026) (nouvelle fenêtre)
  8. Ministère de la Transition écologique, Coup de pouce Chauffage (nouvelle fenêtre)

Sujets#chauffage#chaudière#trêve hivernale#logement#aides#hiver#pouvoir d'achat
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