Arrêt maladie en 2026 : indemnités, jour de carence et contrôles, ce qui compte
Combien touche-t-on vraiment pendant un arrêt de travail, à partir de quand, et que peut vérifier l'Assurance maladie ? Le point sur les règles en vigueur en 2026, chiffres officiels à l'appui.

Tomber malade et devoir s'arrêter, cela arrive à tout le monde. Mais entre le salaire versé par la Sécurité sociale, le complément éventuel de l'employeur et les jours non payés au début de l'arrêt, les règles restent floues pour beaucoup. Voici l'essentiel, à jour de 2026.
Combien touche-t-on, et à partir de quand
Pour un salarié du privé, l'Assurance maladie verse une indemnité journalière (IJ) égale à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire de base correspond au total des trois derniers salaires bruts, divisé par 91,25. Le salaire pris en compte est toutefois plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 613,82 euros bruts par mois en 2026.
Résultat : l'IJ maladie est plafonnée. Elle ne peut pas dépasser 42,97 euros bruts par jour en 2026. Autrement dit, au-delà d'un certain niveau de rémunération, l'indemnité ne suit plus le salaire.
Point important : ces indemnités ne sont pas versées dès le premier jour. Un délai de carence de 3 jours s'applique. Concrètement, un arrêt qui commence le 1er du mois n'ouvre droit aux IJ qu'à partir du 4e jour. Le versement intervient ensuite tous les 14 jours, par la CPAM ou la MSA.
Le complément de l'employeur, et le cas de la fonction publique
Beaucoup de salariés ignorent qu'un complément de salaire peut s'ajouter aux IJ. Prévu par la loi dite de mensualisation, il suppose au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise et l'envoi du certificat médical dans les 48 heures. Ce complément permet de percevoir jusqu'à 90 % de la rémunération brute pendant une première période, puis 66,66 % ensuite, la durée variant selon l'ancienneté. Attention : ce complément employeur applique son propre délai de carence de 7 jours, sauf convention collective plus favorable. Certaines conventions prévoient un maintien de salaire dès le premier jour : il faut vérifier son accord de branche.
Dans la fonction publique, la règle reste distincte. Le jour de carence, retenu sur le traitement au début de l'arrêt, est maintenu à un seul jour en 2026. Un projet visant à le porter à trois jours a finalement été écarté du budget. Ce jour de carence ne s'applique pas aux accidents de service ni aux maladies professionnelles.
Contrôles : ce que vous devez respecter
Être en arrêt implique des obligations. Sauf mention contraire du médecin, vous devez être présent à votre domicile de 9h à 11h et de 14h à 16h ; en dehors de ces plages, les sorties sont autorisées. Certains arrêts prévoient des sorties libres, d'autres les interdisent : tout dépend de ce qu'a coché le médecin sur l'avis. L'Assurance maladie peut mener des contrôles inopinés à domicile, et depuis décembre 2025 un télécontrôle par visioconférence sécurisée avec un médecin-conseil est également possible. De son côté, l'employeur qui verse un complément peut mandater une contre-visite médicale.
Le non-respect des règles (absence injustifiée pendant les heures de présence, refus de contrôle, activité non autorisée) peut entraîner la réduction ou la suspension des indemnités.
Ce que ça change concrètement : à compter du 1er septembre 2026, un premier arrêt sera en principe limité à un mois, et chaque prolongation à deux mois, sauf justification médicale explicite du prescripteur. Une raison de plus de bien conserver ses documents et de respecter les délais d'envoi.


