ZFE et vignette Crit'Air en 2026 : où circuler, qui est concerné, ce qui change
Malgré une tentative de suppression votée au Parlement puis censurée par le Conseil constitutionnel en mai 2026, les zones à faibles émissions restent en vigueur. Voici où elles s'appliquent, qui est concerné et ce qui change vraiment pour les automobilistes.

La ZFE, ou zone à faibles émissions mobilité, est un périmètre urbain où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte, en fonction de leur vignette Crit'Air. L'objectif affiché est de réduire la pollution de l'air, responsable selon Santé publique France de dizaines de milliers de décès prématurés chaque année. En 2026, ces zones ont fait l'objet d'un intense feuilleton politique et juridique, mais elles restent bel et bien en vigueur.
Les ZFE maintenues après la décision du Conseil constitutionnel
Le Parlement avait voté, dans la loi de simplification de la vie économique, un article supprimant l'obligation pour les collectivités de mettre en place des ZFE. Mais le 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition. Motif : l'article était un « cavalier législatif », c'est-à-dire une mesure sans lien suffisant avec le texte initial, contraire à l'article 45 de la Constitution. Conséquence directe pour l'automobiliste : le cadre juridique des ZFE n'a pas changé et la vignette Crit'Air conserve toute son utilité.
Concrètement, plusieurs agglomérations conservent une ZFE active. Les métropoles qui dépassaient régulièrement les seuils de pollution, comme le Grand Paris, Lyon ou Grenoble, appliquent des restrictions permanentes. Les autres grandes agglomérations, tenues par la loi de créer une zone, restent soumises au dispositif.
Ce que ça change concrètement selon votre ville
La règle générale repose sur la vignette Crit'Air, qui classe les véhicules de Crit'Air 1 (les plus propres, hors électriques et hydrogène qui ont une vignette verte) à Crit'Air 5, plus la catégorie « non classé » pour les plus anciens. Mais les restrictions et surtout les sanctions varient fortement d'une ville à l'autre.
À Paris, les véhicules Crit'Air 3 sont interdits depuis le 1er janvier 2025. Cela concerne notamment les voitures essence d'avant 2006 et les diesels d'avant 2011. Toutefois, la Ville et la Métropole du Grand Paris ont prolongé la phase pédagogique : aucune verbalisation n'aura lieu en 2026, les sanctions ne pouvant intervenir qu'à partir du 1er janvier 2027 au plus tôt.
À Lyon, la situation est plus stricte. Les Crit'Air 3, 4, 5 et non classés sont interdits 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis janvier 2025. La métropole prévoit un renforcement des contrôles, avec le déploiement de radars à lecture automatique des plaques et le lancement de la verbalisation des Crit'Air 3 au cours du second semestre 2026. Grenoble, de son côté, sanctionne déjà les véhicules concernés. En cas d'infraction, l'amende forfaitaire s'élève à 68 euros pour une voiture ou un véhicule utilitaire léger, et à 135 euros pour un poids lourd.
Vignette, dérogations et vigilance
La vignette Crit'Air, aussi appelée certificat qualité de l'air, s'achète uniquement sur le site officiel certificat-air.gouv.fr, pour 3,85 euros frais d'envoi compris (3,11 euros pour le certificat et 0,74 euro d'acheminement postal). Il faut se méfier des sites tiers qui la facturent 10, 20 euros ou plus sans aucun avantage : le ministère alerte lui-même sur ces intermédiaires. La vignette s'obtient une seule fois par véhicule, à partir de la carte grise.
Des dérogations existent, définies localement : véhicules de collection, personnes handicapées, ou encore « petits rouleurs ». À Lyon, par exemple, un dispositif permet à certains automobilistes de circuler jusqu'à 52 fois par an dans la zone. Le conseil pratique reste simple : vérifiez le classement de votre véhicule et les règles de la ville où vous vous rendez avant de prendre la route, car un même trajet peut être autorisé dans une agglomération et interdit dans une autre.


