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Déserts médicaux : état des lieux et mesures pour l'accès aux soins en 2026

Environ 6,4 millions de Français vivaient sans médecin traitant en 2025 et les déserts médicaux concernent 87 % de la population. Où en sont la loi en débat et les aides déjà en vigueur en 2026 ? État des lieux et repères pratiques.

La rédaction3 min de lecture
Un stéthoscope dans un cabinet médical
Photo : Infrogmation of New Orleans / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

La France comptait environ 6,4 à 6,7 millions de personnes sans médecin traitant déclaré en 2025, selon l'Assurance maladie. Le baromètre santé-social de la Mutualité Française, réalisé avec Odoxa et publié le 20 novembre 2025, indique que les déserts médicaux concernent 87 % de la population. Derrière ces chiffres, une réalité concrète : des délais d'attente qui s'allongent, des cabinets qui ferment sans repreneur, et des patients contraints de parcourir des kilomètres pour une consultation.

Un désert médical ne se limite pas à la campagne. La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) mesure l'accès aux soins avec l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL), exprimé en nombre de consultations disponibles par an et par habitant. Un territoire desservi par des généralistes est considéré comme sous-dense quand cet indicateur passe sous le seuil de 2,5 consultations par an et par habitant. Des quartiers urbains sont aussi concernés, et non les seules zones rurales.

Ce que prévoit la loi en 2026

Une proposition de loi transpartisane, portée notamment par le député Guillaume Garot, veut lutter contre ces déserts. Elle a été adoptée par l'Assemblée nationale le 7 mai 2025, puis transmise au Sénat, où son examen en première lecture s'est poursuivi en 2026 : l'article 1er, amendé en commission, a été adopté en séance le 11 juin 2026. Le texte n'est donc pas définitif : il doit encore achever son parcours parlementaire avant une éventuelle adoption.

Le point le plus débattu concerne l'installation des médecins. La version initiale envisageait de conditionner l'installation dans les zones déjà bien dotées. Le Sénat lui a préféré un aménagement de la liberté d'installation : pour les généralistes, l'installation dans une zone sur-dense serait subordonnée à un engagement d'exercice partiel dans les territoires sous-dotés. Pour les spécialistes, elle serait conditionnée à la cessation concomitante d'activité d'un confrère ou à une décision de l'agence régionale de santé (ARS). Les modalités précises restent susceptibles d'évoluer d'ici la fin de la navette.

Ce qui change concrètement pour vous

Au-delà de la loi en discussion, des mesures sont déjà entrées en vigueur au 1er janvier 2026 via la convention médicale. Un médecin qui s'installe pour la première fois dans une zone sous-dotée peut recevoir une aide ponctuelle et automatique pouvant atteindre 10 000 euros. Les généralistes qui s'installent dans une zone d'intervention prioritaire (ZIP) bénéficient d'une majoration de leur forfait patientèle : + 50 % la première année, + 30 % la deuxième, puis + 10 % de façon pérenne. L'objectif est d'attirer et de retenir les praticiens là où ils manquent.

Pour les patients, quelques repères utiles. En l'absence de médecin traitant, il reste possible de solliciter la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), qui peut aider à en trouver un, ou de se tourner vers un centre de santé, une maison de santé pluriprofessionnelle ou le service d'accès aux soins (SAS) via le 15 pour une demande non programmée. Bon à savoir : depuis septembre 2025, l'Assurance maladie a mis en ligne un Observatoire de l'accès aux soins en open data. Signe d'une amélioration ciblée, la part des patients en affection de longue durée (ALD) sans médecin traitant est redescendue à 4,2 % au 30 juin 2025, contre 5,6 % fin 2022. Enfin, déclarer un médecin traitant reste avantageux : hors parcours de soins coordonnés, les remboursements sont minorés.


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