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Culottes menstruelles et coupes remboursées en pharmacie au 1er octobre

À partir du 1er octobre 2026, l'Assurance maladie rembourse à 60 % deux protections périodiques réutilisables par an aux moins de 26 ans, et à 100 % aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire. Uniquement en pharmacie, dans la limite de 19 et 15,80 euros.

La rédaction3 min de lecture
Kits de protections menstruelles distribués à l'occasion de la Journée internationale de la santé des femmes (illustration)
Photo : Santiago Mazzarovich / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

C'est une mesure discrète mais concrète, prévue depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 et actée par le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, complété par un arrêté du 6 août 2026. À compter du mercredi 1er octobre 2026, deux catégories de protections périodiques réutilisables, culottes menstruelles et coupes menstruelles, entrent au remboursement de l'Assurance maladie. La démarche vise en priorité les jeunes femmes et les personnes les plus précaires.

Qui est concerné, et à quel taux

Deux publics sont éligibles, sans qu'il soit besoin de prescription médicale. Les assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources, bénéficient d'un remboursement de 60 % par l'Assurance maladie, la mutuelle pouvant prendre en charge le reste. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d'âge, sont remboursés à 100 %.

Le plafond est fixé à deux produits par an et par personne, la période de douze mois courant à compter du premier achat. Les deux protections peuvent être panachées entre les deux catégories : deux culottes, deux coupes, ou une de chaque. Les protections jetables (tampons, serviettes) et les protections lavables non listées ne sont pas concernées par ce dispositif.

Où acheter, et à quel prix

Les produits ne sont remboursés que s'ils sont achetés en pharmacie d'officine, et inscrits sur la liste des produits éligibles publiée par le ministère de la Santé. Cette liste précise pour chaque référence un code d'identification que le pharmacien vérifie au moment de la vente. Une étiquette « protection réutilisable » ne suffit pas.

L'arrêté du 6 août fixe deux plafonds de prix de vente au public : 19 euros TTC pour une culotte menstruelle, 15,80 euros TTC pour une coupe menstruelle. Ce sont les prix maximum de vente sur lesquels le remboursement s'applique. Pour être inscrits, les produits doivent aussi respecter des exigences de sécurité : certification Oeko-Tex Standard 100 (classes I ou II) pour les culottes, écolabel européen ou tests ISO 10993-1 pour les coupes, ainsi qu'une capacité minimale d'absorption.

Pourquoi cette mesure

En France, la précarité menstruelle touche environ 4 millions de femmes et personnes menstruées, selon une étude OpinionWay réalisée en 2023 pour l'association Règles Élémentaires. Les moins de 25 ans sont les plus concernées : dans cette tranche d'âge, près d'une jeune femme sur deux dit devoir renoncer à changer de protection aussi souvent qu'il le faudrait, faute de moyens.

Les protections réutilisables sont plus chères à l'achat que les serviettes ou tampons jetables, mais elles s'amortissent sur plusieurs années. Une culotte menstruelle dure en général cinq à sept ans, une coupe dix ans. En les rendant remboursables, l'État vise deux objectifs à la fois : réduire le reste à charge pour les jeunes et les foyers modestes, et pousser vers un usage plus durable.

Le dispositif est piloté par l'Assurance maladie. Aucune démarche préalable n'est demandée à la bénéficiaire : la présentation de la carte Vitale suffit en pharmacie, comme pour n'importe quel produit remboursable. Si la mutuelle prend en charge la part complémentaire, la personne n'a rien à avancer.

Ce type de mesure prolonge d'autres avancées récentes en matière de santé et de reste à charge, comme l'évolution des franchises médicales et des remboursements santé au 1er octobre 2026 ou, à plus large échelle, la logique du 100 % santé sur les lunettes, l'audiologie et le dentaire. Elle s'inscrit aussi dans une préoccupation plus ancienne du service public sur l'accès aux remboursements de l'Assurance maladie pour les publics les plus fragiles.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Service-public.fr, précarité menstruelle : les protections hygiéniques réutilisables remboursées à partir du 1er octobre 2026 (nouvelle fenêtre)
  2. info.gouv.fr, ce qui change au 1er octobre 2026 (nouvelle fenêtre)
  3. Décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 relatif à la prise en charge par l'assurance maladie des protections périodiques réutilisables (Légifrance) (nouvelle fenêtre)
  4. Association Règles Élémentaires (lutte contre la précarité menstruelle) (nouvelle fenêtre)

Sujets#protections périodiques#remboursement#précarité menstruelle#assurance maladie#1er octobre 2026
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