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Germain Nouveau, le poète de Pourrières, ami de Verlaine et Rimbaud

Né et mort à Pourrières (1851-1920), ce poète mystique fut l'ami de Verlaine et de Rimbaud. Il renonça à publier ses vers et finit sa vie dans le dénuement, au pied de la Sainte-Victoire.

La rédaction2 min de lecturePourrières
Portrait de Germain Nouveau, poète de Pourrières
Portrait, domaine public

À quelques kilomètres de Gardanne, le village de Pourrières, dans le Var, garde la mémoire d'un enfant du pays au destin singulier : Germain Nouveau, poète né le 31 juillet 1851 et mort dans ce même village le 4 avril 1920. Longtemps resté dans l'ombre de ses illustres amis, il a été redécouvert après sa mort et compte aujourd'hui parmi les poètes que la critique réévalue.

D'un village provençal aux cercles parisiens

Orphelin de mère avant l'âge de sept ans, élevé par son grand-père, Germain Nouveau passe l'essentiel de son enfance à Aix-en-Provence. À l'automne 1872, il monte à Paris, comme tant de jeunes provinciaux attirés par la vie littéraire. Là, il se lie aux plus grands poètes de son époque : Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, et surtout Arthur Rimbaud.

Sa proximité avec ce dernier marque sa vie. Les deux hommes se rencontrent fin 1873, puis partent ensemble pour l'Angleterre en mars 1874. À Londres, Germain Nouveau partage un temps l'existence de Rimbaud avant de rentrer seul à Paris. C'est ensuite, à Bruxelles en 1875, qu'il reçoit de Verlaine le manuscrit des « Illuminations » de Rimbaud : un épisode qui a nourri bien des débats érudits sur la part qu'il a pu prendre à la copie de ce recueil fondateur de la poésie moderne.

Un poète qui refusait d'être publié

Ce qui distingue Germain Nouveau de ses contemporains, c'est son rapport au monde. Décrit comme « à moitié saint, à demi fou », il se tourne vers une foi profonde et une vie d'ascèse. Mystique et désintéressé, il renonce à toute publication pour vivre sa croyance, et exerce un temps le métier de peintre.

Son œuvre, où voisinent « La Doctrine de l'Amour » et « Valentines », mêle vers mystiques et poésie amoureuse. Mais l'auteur s'oppose à leur diffusion : c'est surtout après sa mort que ses textes seront publiés et connus. Sa vie est aussi marquée par des séjours en hôpital psychiatrique, notamment à Bicêtre puis à Sainte-Anne, et par de longs voyages à travers l'Europe et jusqu'au Liban.

Le retour au pays et l'oubli

Au crépuscule de sa vie, Germain Nouveau revient finir ses jours à Pourrières, son village natal, au pied de la montagne Sainte-Victoire chère à Cézanne. Une légende tenace veut d'ailleurs que le peintre lui ait fait l'aumône sous le porche de la cathédrale d'Aix. Le poète meurt dans le dénuement le 4 avril 1920, loin de la reconnaissance.

La postérité lui rendra justice. Les surréalistes le redécouvrent, et Louis Aragon le célèbre non comme un poète mineur, mais comme un grand poète, à l'égal de Rimbaud. Aujourd'hui, expositions et travaux universitaires, notamment autour de la Cité du Livre d'Aix-en-Provence, remettent en lumière cette figure discrète. Pour les habitants du Pays d'Aix et du bassin minier, Germain Nouveau demeure ce voisin de génie qui, par humilité, choisit l'effacement plutôt que la gloire.


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