Carburant : à Gardanne, le club de rugby renonce à des déplacements
À Gardanne, la hausse des prix du carburant pèse sur le budget du club de rugby. Sa présidente, Maïa Cioli, détaille les arbitrages imposés aux équipes de jeunes pour continuer à jouer.

Au printemps 2026, la hausse des prix du carburant s'est invitée dans les comptes des petits clubs sportifs de Provence. À Gardanne, le club de rugby n'y échappe pas. Avec 240 licenciés, le Gardanne Rugby Club fait partie des 42 clubs affiliés au comité départemental des Bouches-du-Rhône, qui rassemble environ 9 000 licenciés. Sa présidente, Maïa Cioli, a dû revoir les déplacements des équipes de jeunes, comme elle l'expliquait à ICI Provence dans un reportage publié le 5 avril 2026.
Un tournoi à Menton hors de portée
L'épisode qui a cristallisé la difficulté s'est joué autour d'un tournoi à Menton, dans les Alpes-Maritimes, tout près de la frontière italienne. Louer un car, même en partageant la facture avec d'autres clubs, s'est révélé trop lourd. « Si on prenait un bus, même partagé avec trois clubs, on en était quand même à plus de 800 euros par club », détaille Maïa Cioli. Le club dispose bien de deux minibus, mais l'addition restait conséquente : « Et si on prenait nos minibus, on était à 240 euros environ », ajoute-t-elle.
Résultat concret : l'équipe des moins de 12 ans n'a pas fait le déplacement à Menton. Les catégories des moins de 8 et des moins de 10 ans ont, elles, joué à Cassis, un rendez-vous nettement plus proche. Gardanne n'est pas seul dans ce cas. Deux autres clubs de la région, La Roque d'Anthéron et Fayence, ont eux aussi renoncé au même tournoi à Menton, en raison d'un transport devenu trop cher.
Le covoiturage des familles pour limiter la facture
Face à cette contrainte, une partie de l'organisation repose sur les familles. Des parents interrogés par ICI Provence décrivent des groupes WhatsApp qui servent à organiser le covoiturage, également proposé par le club, afin de mutualiser les trajets et de réduire le nombre de véhicules sur la route. Céline, mère d'un licencié, résumait la difficulté à propos du déplacement à Cassis : « Le week-end dernier, les petits ont joué à Cassis. Entre l'essence et le péage, c'est vrai qu'il y a un coût. »
Cette situation n'est pas propre à Gardanne. Le poste transport, rarement évoqué dans les discussions sur le sport local, pèse désormais à côté des cotisations, des équipements et de l'entretien des installations. Maïa Cioli redoute une issue plus large si la tendance se poursuit : « sinon c'est la mort des petits clubs », prévient la présidente, en évoquant les structures qui n'ont pas les moyens de répercuter ces hausses sur les familles.
Une contrainte qui se reposera à la reprise
Pour les familles gardannaises dont les enfants sont licenciés à l'école de rugby, l'arbitrage est concret : moins de rencontres lointaines, davantage de proximité, et une organisation des trajets qui repose largement sur la disponibilité des parents.
La reprise, elle, approche. Selon le calendrier publié par RugbyAmateur.fr, le Gardanne R C est engagé en Régionale 3 Sud PACA pour la saison 2026-2027, avec un premier rendez-vous programmé le 13 septembre 2026 face à Gignac la Nerthe Marignane. Le calendrier des déplacements redeviendra alors un sujet budgétaire très concret pour le club.
Au-delà du rugby, cette situation éclaire une réalité de la vie associative gardannaise : derrière les cotisations affichées aux familles, une part du fonctionnement des clubs dépend de choix budgétaires arbitrés en coulisses par des bénévoles, pour que les enfants continuent à jouer.
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