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Châteauneuf-le-Rouge : le débroussaillement à l'épreuve de l'incendie du 8 juillet

Fin juin, la mairie a relancé sa campagne de débroussaillement et de prévention des feux. Quelques jours plus tard, l'incendie du 8 juillet, qui a parcouru 13 hectares, a montré l'utilité de ces coupures : une quarantaine de maisons ont été préservées.

La rédaction3 min de lectureChâteauneuf-le-Rouge
Une vue de Châteauneuf-le-Rouge
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Fin juin, la commune de Châteauneuf-le-Rouge a diffusé plusieurs messages de prévention à destination des habitants, rappelant l'importance du débroussaillement avant la saison à risque. Sur son site, la mairie insiste : cette opération crée des zones de sécurité, protège les habitations et facilite l'intervention des pompiers. Elle relaie un chiffre marquant des campagnes nationales : environ 90 % des maisons détruites lors d'un feu de forêt ne sont pas, ou mal, débroussaillées.

Ce que prévoit la loi

Le débroussaillement n'est pas un simple conseil, mais une obligation légale (OLD) inscrite dans le Code forestier. Elle s'impose à tout propriétaire d'un bâtiment situé dans un massif exposé au risque d'incendie, ou à moins de 200 mètres de celui-ci. Concrètement, il faut débroussailler sur un rayon de 50 mètres autour des constructions, distance que le maire ou le préfet peuvent porter à 100 mètres dans les secteurs les plus sensibles.

Débroussailler ne veut pas dire tout raser : il s'agit de couper la végétation basse, d'élaguer les arbres et d'éviter que les branches se touchent, afin de ralentir la propagation des flammes. En Provence, la période estivale s'accompagne aussi d'un arrêté préfectoral : du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux massifs des Bouches-du-Rhône est réglementé selon le niveau de danger, parfois interdit les jours les plus critiques.

Les propriétaires qui ne respectent pas ces règles s'exposent à des sanctions. L'amende, une contravention de 5e classe, peut atteindre 1 500 euros, et une pénalité de 50 euros par mètre carré non débroussaillé peut s'y ajouter. La mairie peut aussi faire réaliser les travaux d'office et, en cas de sinistre, l'assureur peut appliquer une franchise plus élevée si l'obligation n'a pas été tenue.

L'incendie du 8 juillet, un cas concret

Ces recommandations ont pris tout leur sens quelques jours après la campagne. Le 8 juillet, vers 15h20, un feu s'est déclaré sur la commune. Attisé par le vent, la sécheresse et des températures proches de 40 degrés, il a parcouru 13 hectares. Le département avait alors été classé en danger très élevé par la Météo des forêts de Météo-France.

Cent soixante-dix sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été engagés, appuyés par des moyens aériens, dont deux Canadair et un hélicoptère. La route nationale 7 a été coupée dans les deux sens. Le feu a été fixé peu après 17 heures.

Le bilan illustre l'enjeu du débroussaillement : cinq maisons ont été touchées par les flammes, dont deux nécessiteront un relogement, mais une quarantaine d'habitations menacées ont pu être préservées. Les coupures de végétation et les abords dégagés autour des maisons comptent parmi les éléments qui permettent aux secours de défendre le bâti.

Comment vérifier son obligation

Pour savoir si un terrain est concerné, les habitants peuvent consulter la cartographie officielle sur georisques.gouv.fr, rubrique obligations légales de débroussaillement, ou se rapprocher de la mairie, qui met à disposition une plaquette pédagogique et un modèle de demande d'autorisation pour intervenir chez un voisin. À l'approche du cœur de l'été, ces gestes restent la première ligne de défense des quartiers exposés.


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