Canicule de juin 2026 : un bilan sanitaire plus lourd qu'en 2003
Du 17 au 30 juin, la France a connu la vague de chaleur la plus intense jamais mesurée. Santé publique France recense 6 351 hospitalisations et plus de 2 000 décès en une semaine. Décryptage et rappel des dispositifs de protection à Gardanne.

La France sort d'un épisode caniculaire hors norme. Selon Météo-France, juin 2026 devient le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne de 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale. L'ancien record de juin 2003 (+3,5 °C) est dépassé. Derrière ces chiffres, un bilan humain que Santé publique France qualifie de sévérité exceptionnelle.
Un épisode plus intense qu'en 2003, mais plus court
La vague de chaleur a duré quatorze jours, du 17 au 30 juin, contre seize jours lors de la canicule d'août 2003. Plus courte, elle a été plus intense. Les journées des 24 et 25 juin ont été les plus chaudes jamais mesurées en France, la température moyenne sur 24 heures atteignant pour la première fois 30 °C. Plusieurs villes ont battu leurs records, avec 42,5 °C à Bordeaux et 43,8 °C à Saintes le 23 juin.
Fait inédit depuis la création de la vigilance canicule en 2004, jusqu'à 72 départements ont été placés en vigilance rouge entre le 21 et le 28 juin, soit 77 % de la population. La vigilance orange a, elle, concerné jusqu'à 90 départements, du 18 juin au 2 juillet.
Un bilan sanitaire inédit depuis le début de la surveillance
Entre le 18 et le 29 juin, Santé publique France a comptabilisé 6 351 hospitalisations liées à la chaleur, dont deux tiers de personnes de 75 ans et plus. Le pic a été atteint le 26 juin, avec 1 215 hospitalisations en une seule journée. Ce même jour, les passages aux urgences pour cause de chaleur ont culminé à 2 089, un niveau jamais observé depuis le lancement de cette surveillance en 2004. Les consultations SOS Médecins ont, elles, atteint 698 le 25 juin.
Le bilan des décès reste provisoire, mais déjà lourd. Sur la seule période du 22 au 28 juin, l'agence a relevé 2 025 décès supplémentaires toutes causes confondues, une hausse de la mortalité de 29 % par rapport à un niveau habituel. Point notable, les décès à domicile ont presque doublé, davantage que ceux survenus en Ehpad ou à l'hôpital. Le bilan définitif, consolidé environ trois semaines après la fin de l'épisode, pourrait s'alourdir, car les effets de la chaleur se prolongent plusieurs semaines.
Se protéger et protéger ses proches à Gardanne
Le bassin minier compte une population âgée nombreuse, particulièrement exposée. Les gestes de prévention restent les plus efficaces : boire régulièrement sans attendre la soif, éviter l'alcool, fermer volets et fenêtres le jour puis aérer la nuit, se rafraîchir le corps plusieurs fois par jour et passer du temps dans un lieu frais. Il faut aussi surveiller les proches isolés et connaître les signes d'alerte : crampes, maux de tête, nausées ou fatigue inhabituelle.
Un dispositif local existe toute l'année. Les Gardannais de 65 ans et plus, ainsi que les personnes en situation de handicap, peuvent s'inscrire, ou être inscrits par un proche, sur le registre communal des personnes vulnérables tenu par le Centre communal d'action sociale (CCAS). Dès qu'une alerte est déclenchée par la préfecture, les personnes recensées reçoivent des appels réguliers pour vérifier qu'elles vont bien. L'inscription se fait auprès de la mairie, qui peut aussi renseigner sur les lieux climatisés ou rafraîchis accessibles. Au niveau national, la plateforme Canicule info service, joignable gratuitement au 0 800 06 66 66, renseigne et conseille la population pendant la période estivale de veille sanitaire.


