Électrifier la France : ce que prévoit le plan national, et pourquoi ça nous concerne
Fin des chaudières à gaz dans le neuf, un million de pompes à chaleur par an, soutien public doublé : le gouvernement veut électrifier massivement le pays d'ici 2035. Décryptage — et ce que ça peut changer pour notre bassin.

L'énergie, ici, on connaît : la mine, la centrale de Provence, la reconversion vers la biomasse puis le biométhane. C'est dire si une grande décision nationale sur l'énergie nous parle. Le 23 avril 2026, le gouvernement a présenté son plan d'électrification des usages : 22 mesures pour remplacer massivement le gaz et le pétrole par l'électricité. On vous explique ce qu'il contient — et ce qu'il pourrait changer près de chez nous.
« Électrification des usages » : de quoi parle-t-on ?
Derrière le terme se cache une idée simple : faire fonctionner à l'électricité ce qui marche aujourd'hui aux énergies fossiles — se chauffer, se déplacer, produire. L'objectif affiché par l'État est triple : une énergie « moins chère, plus souveraine et plus durable », en s'appuyant sur un parc électrique français largement décarboné.
Les cibles sont chiffrées à l'horizon 2035 : faire passer la part des énergies fossiles de 60 % à moins de 30 %, la part de l'électricité dans la consommation finale de 27 % à 38 %, et augmenter de 40 % la consommation d'électricité entre 2023 et 2035.
Ce qui change concrètement
- Logement : à partir de fin 2026, plus de chaudières à gaz dans les constructions neuves. Le plan mise très fortement sur les pompes à chaleur, avec un objectif d'un million d'installations par an d'ici 2030.
- Transports : le « leasing social » (location de voitures électriques à prix réduit) doit reprendre avec 50 000 véhicules supplémentaires ; le nombre de points de recharge doit être multiplié par cinq, et porté à environ 8 000 bornes pour poids lourds.
- Argent public : le soutien à l'électrification sera doublé d'ici 2030, passant de 5,5 à 10 milliards d'euros par an.
Cent « territoires d'électrification » : et nous ?
C'est la mesure à suivre de près localement : l'État annonce la sélection, d'ici l'été 2026, de 100 « territoires d'électrification » qui bénéficieront d'un accompagnement sur mesure. Notre bassin — marqué par son histoire énergétique et la reconversion du site de Gardanne — a une carte à jouer. Le Gardannais Libre regardera si la candidature locale est sur la table, et ce qu'elle pourrait apporter en emplois et en équipements.
Pourquoi ça compte ici
Pompe à chaleur, borne de recharge, rénovation : ces mesures nationales atterriront, ou non, dans nos communes, nos logements et nos zones d'activité. Derrière les chiffres de Paris, il y a des choix très concrets pour les habitants. Nous suivrons leur traduction locale, aides à l'appui.

