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Sécheresse dans le bassin de l'Arc : l'état des lieux à dix-huit jours du 15 octobre

L'arrêté du 31 juillet a placé le bassin de l'Arc en alerte renforcée jusqu'au 15 octobre. À dix-huit jours de l'échéance, la préfecture n'a rien annoncé depuis le comité du 11 août. Voici ce que disent les nappes, les cours d'eau et le calendrier.

La rédaction5 min de lectureGardanne
@ L'Étoile, à Gardanne
Photo : Rémih / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le 31 juillet, un arrêté préfectoral a fait basculer les secteurs Arc amont et Arc aval en alerte renforcée, et maintenu à ce niveau le Réal de Jouques, qui y était déjà depuis le 17 juillet. Le texte court jusqu'au 15 octobre, sous réserve d'un réexamen par le préfet après avis du comité ressource en eau. Vingt-neuf communes sont concernées, du Pays d'Aix jusqu'à l'est de l'étang de Berre. À dix-huit jours de l'échéance, voici ce que disent les nappes et les cours d'eau, ce qu'a examiné le comité ressource en eau, et ce qui pourrait se jouer à la mi-octobre.

Ce que dit l'arrêté encore en vigueur

Signé le 31 juillet sous la référence AP n°2026-424-SE, l'arrêté préfectoral range trois secteurs de notre territoire au niveau le plus contraignant avant la crise, l'alerte renforcée. Sont concernés l'Arc amont, dont dépend Gardanne, l'Arc aval, et le Réal de Jouques. Le reste du département reste en simple vigilance, tout comme la zone d'alerte du système Serre-Ponçon, qui relève de la ressource dite stockée (retenues de Serre-Ponçon sur la Durance et de Sainte-Croix sur le Verdon).

Le texte rappelle aussi le critère qui déclenche ce niveau sur le bassin de l'Arc : le passage des débits au-dessous du seuil de 990 litres par seconde à la station de Roquefavour, à Aix-en-Provence, pendant au moins cinq jours consécutifs, apprécié avec les prévisions météorologiques. Autrement dit, c'est un point de mesure unique sur l'Arc qui sert de thermomètre à tout le bassin, Gardanne comprise. Le Réal de Jouques, lui, relève d'un autre critère, fondé sur les jaugeages de l'Office français de la biodiversité, ce qui explique qu'il soit passé en alerte renforcée deux semaines plus tôt.

Nous avions déjà détaillé cette bascule et les interdictions qu'elle entraîne pour Gardanne et pour l'ensemble des communes concernées. Cet article se concentre sur la suite : où en est la situation, dix-huit jours avant l'échéance.

Ce qu'a retenu le comité ressource en eau à la mi-août

Réuni le 11 août, le comité ressource en eau a dressé un état des lieux : l'alerte renforcée est maintenue sur les trois secteurs, sans nouvel arrêté. Vingt-neuf communes restent donc soumises au même régime de restrictions. Selon la presse locale, de nouveaux arbitrages pouvaient encore intervenir si les températures ne baissaient pas.

Depuis cette réunion, aucune nouvelle convocation du comité ni aucun nouvel arrêté n'ont été rendus publics : le point de situation mis en ligne par la préfecture reste daté du 31 juillet. Ce site et le portail national VigiEau demeurent les deux sources à consulter en priorité. Consulté le 27 septembre, VigiEau ne signale dans le département aucune zone au-delà de l'alerte renforcée pour l'eau potable, sans changement depuis l'arrêté de juillet.

L'état des nappes au 1er septembre

Le point du BRGM sur la situation des nappes au 1er septembre dresse un tableau national préoccupant : les niveaux ont baissé sur 90 % des points de suivi, et 61 % d'entre eux se situent sous les moyennes mensuelles. Les formations calcaires de Provence comptent parmi les rares échappées : leurs niveaux restent globalement autour de la normale, une situation moins dégradée qu'ailleurs en France.

Le bulletin national de situation hydrologique de septembre, publié le 18 par le service public d'information sur l'eau, apporte une nuance locale : le mois d'août a été excédentaire de plus de 50 % en pluie sur l'ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à contre-courant d'un large quart nord-est du pays, déficitaire de 20 à 60 %. Un paradoxe qui recoupe ce que nous observions déjà fin août : les orages n'ont pas suffi à inverser durablement la baisse des cours d'eau et des nappes du bassin de l'Arc.

SecteurRessourceNiveau au 27 septembre
Arc amont (Gardanne, Aix, Rousset...)LocaleAlerte renforcée
Arc avalLocaleAlerte renforcée
Réal de JouquesLocaleAlerte renforcée
Reste du départementLocaleVigilance
Système Serre-PonçonStockéeVigilance

Ce qui reste interdit d'ici le 15 octobre

Sans nouvel arrêté, le régime de l'alerte renforcée continue de s'appliquer sur nos communes : prélèvements directs en cours d'eau proscrits, sauf pour les associations syndicales autorisées, arrosage des pelouses et massifs interdit à toute heure, arrosage des potagers et arbres limité à la tranche 20 heures, 8 heures du matin, lavage des véhicules à domicile prohibé, fontaines d'ornement en circuit ouvert fermées. Le remplissage des piscines non collectives de plus d'un mètre cube est lui aussi suspendu, la remise à niveau restant autorisée lorsque le premier remplissage est antérieur au premier arrêté de restriction de la saison d'étiage. Le détail commune par commune reste consultable dans nos précédents articles, notamment sur Aix-en-Provence et sur l'ensemble des 29 communes.

Trois issues possibles au 15 octobre

L'arrêté du 31 juillet porte sa propre échéance : il prend fin à cette date, sauf décision du préfet prise avant le 15 octobre après consultation du comité ressource en eau. Trois scénarios sont envisageables. Si les pluies d'automne rechargent suffisamment nappes et cours d'eau, le niveau peut être abaissé vers la simple alerte, voire la vigilance. Si la situation reste stable, la préfecture peut reconduire l'alerte renforcée. Si au contraire les indicateurs se dégradent, un passage en crise, le niveau le plus sévère, ne serait pas à exclure : au 27 septembre, selon VigiEau, 67 départements comptaient au moins une zone en crise pour l'eau potable. Aucune de ces trois hypothèses n'est aujourd'hui tranchée. À la date de publication, aucune nouvelle réunion du comité ressource en eau n'a été annoncée pour notre département.

Et concrètement, pour nous ?

Pour les habitants des secteurs concernés, rien ne change tant qu'un nouvel arrêté n'a pas été publié : les interdictions en vigueur depuis le 31 juillet s'appliquent jusqu'au 15 octobre inclus. Le moyen le plus fiable de vérifier sa situation, adresse par adresse, reste le portail national VigiEau, mis à jour à chaque arrêté. Les collectivités, agriculteurs et professionnels concernés peuvent suivre les prochains arbitrages sur le site de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui publie ses arrêtés et points de situation. Nous reviendrons sur la décision prise pour le 15 octobre dès qu'elle sera rendue publique.

Nos sources

Les documents et publications sur lesquels cet article s'appuie.

  1. Préfecture des Bouches-du-Rhône, Sécheresse 2026, point de situation au 31 juillet (mis à jour le 31/07/2026) (nouvelle fenêtre)
  2. Préfecture des Bouches-du-Rhône, arrêté n°2026-424-SE du 31 juillet 2026 (PDF) (nouvelle fenêtre)
  3. VigiEau, carte nationale des restrictions par département (consultée le 27 septembre 2026) (nouvelle fenêtre)
  4. BRGM, point sur la situation des nappes d'eau souterraine au 1er septembre 2026 (nouvelle fenêtre)
  5. Eaufrance, bulletin national de situation hydrologique de septembre 2026 (nouvelle fenêtre)
  6. Maritima, Sécheresse dans les Bouches-du-Rhône : l'alerte renforcée maintenue pour 29 communes, le point sur les restrictions (nouvelle fenêtre)

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