Aller au contenu
LEGARDANNAISLIBRE_

Risque incendie : où en est le PPRIF de Belcodène, ce village cerné par la forêt ?

Prescrit par l'État en mai 2024, le plan de prévention des risques d'incendie de forêt de Belcodène est toujours en chantier. Pendant qu'Aix et Istres ont bouclé leur enquête publique ce printemps, ce village cerné de pinèdes attend le sien.

La rédaction3 min de lectureBelcodène
Une vue de Belcodène
Photo : François GOGLINS / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

À Belcodène, la forêt n'est jamais loin. Perché à 425 mètres sur les contreforts du massif du Regagnas, ce village d'environ 2 000 habitants est enserré de pinèdes et de chênaies, un décor typiquement provençal qui constitue aussi son principal facteur de risque. C'est pour l'encadrer que l'État a lancé, voici deux ans, un plan de prévention des risques d'incendie de forêt (PPRIF). Où en est ce document, et que changera-t-il pour les riverains ?

Un plan prescrit en 2024, toujours en chantier

Le PPRIF de Belcodène a été prescrit par arrêté préfectoral le 28 mai 2024. Cet acte marque le début d'une procédure longue : études techniques sur l'aléa (intensité et probabilité des feux), croisement avec les enjeux (habitations, voies, réseaux), concertation avec la population, puis enquête publique avant approbation. À ce jour, la préfecture des Bouches-du-Rhône n'a pas publié de calendrier d'enquête pour la commune.

Belcodène accuse un léger décalage sur d'autres communes du département. À Aix-en-Provence comme à Istres, l'enquête publique du PPRIF s'est tenue du 8 avril au 13 mai 2026, dernière ligne droite avant l'adoption. Le projet aixois avait été précédé d'une concertation avec les habitants, du 4 novembre 2024 au 17 janvier 2025. Pour Belcodène, ces étapes restent à venir.

Ce que le PPRIF changera concrètement

Une fois approuvé, le PPRIF devient une servitude d'utilité publique, annexée au plan local d'urbanisme. Il classe le territoire en zones de risque. En zone rouge, là où l'aléa est le plus fort, toute construction nouvelle est en principe interdite. En zone bleue, bâtir reste possible mais sous conditions : implantation, matériaux, accès pour les secours, réserve d'eau.

Le plan renforce aussi le débroussaillement. Autour des maisons, la règle générale impose déjà de débroussailler sur 50 mètres ; un PPRIF peut porter cette distance jusqu'à 100 mètres dans les secteurs les plus exposés, comme aux abords des voies d'accès. Pour les propriétaires, l'enjeu est double : la sécurité, mais aussi la valeur et la constructibilité des biens. Le document ne s'applique pas rétroactivement aux maisons existantes, mais il pèse sur les projets futurs et sur l'information due aux acquéreurs et aux locataires, qui doivent être avertis du risque.

Un été 2026 sous haute surveillance

L'actualité rappelle l'urgence. Depuis le début juillet, la préfecture multiplie les fermetures de massifs : accès totalement interdit dans l'ensemble du département le 1er juillet, treize massifs bouclés le 3 juillet, puis les vingt-cinq classés en risque très sévère le 8 juillet, sous près de 40 °C et de fortes rafales. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, deux incendies ont parcouru 310 hectares à Lançon-de-Provence et à Rognac.

En attendant son PPRIF, Belcodène demeure soumise aux règles départementales en vigueur : obligations légales de débroussaillement, réglementation de l'emploi du feu et des travaux, restrictions d'accès aux massifs les jours à risque. Autant de mesures que les habitants ont tout intérêt à appliquer, bien avant que le futur plan ne fixe précisément le niveau de risque autour de leurs habitations.


Partager

À lire aussi