PPRIF : le plan anti-incendie de Saint-Marc-Jaumégarde entre en vigueur
Approuvé par le préfet le 22 juin 2026 et publié début juillet, le Plan de prévention des risques d'incendie de forêt encadre désormais la constructibilité et le débroussaillement dans un village dont 80 % du territoire est très exposé.

C'est un document que la commune attendait depuis cinq ans. Le Plan de prévention des risques d'incendie de forêt (PPRIF) de Saint-Marc-Jaumégarde a été approuvé par arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône le 22 juin 2026. L'arrêté d'approbation, daté du 1er juillet, a été mis en ligne le 2 juillet sur le géoportail de l'urbanisme, ce qui le rend opposable. Prescrit le 22 mars 2021 puis prorogé le 27 octobre 2023, il achève un long parcours administratif ponctué d'une enquête publique.
Ce plan n'est pas une simple formalité. Coincé entre le massif du Concors au nord et la montagne Sainte-Victoire au sud, le village présente un aléa feu de forêt très fort à exceptionnel sur environ 80 % de son territoire. Le PPRIF traduit ce risque en règles concrètes, désormais annexées au document d'urbanisme et appelées à être intégrées au futur PLU intercommunal du Pays d'Aix, qui regroupera les 36 communes du territoire.
Lire son zonage : bleu ou rouge
Le PPRIF découpe la commune en zones, matérialisées sur une carte réglementaire consultable en mairie et sur le géoportail. Deux grandes familles se distinguent.
Les zones rouges correspondent aux secteurs les plus exposés, souvent en cœur de massif ou difficilement défendables. Le principe y est l'inconstructibilité : on n'y autorise pas de nouvelles habitations, afin de ne pas exposer davantage de personnes et de biens.
Les zones bleues, elles, recouvrent des secteurs où le risque est jugé plus maîtrisable. Le plan en distingue trois types, selon le niveau d'aléa et la capacité de défense contre le feu. La construction y reste possible, mais sous conditions : elle est assortie de prescriptions techniques (accès pompiers, réserves d'eau, matériaux, implantation du bâti) destinées à réduire la vulnérabilité. Pour tout projet, permis de construire ou extension, il devient donc indispensable de vérifier d'abord dans quelle zone se situe la parcelle.
Débroussailler : une obligation qui se renforce
Le second volet concerne l'existant, et il touche une large partie des habitants. Les obligations légales de débroussaillement (OLD) imposent de réduire la végétation dans un rayon de 50 mètres autour des constructions situées à proximité des massifs boisés, ce périmètre pouvant être porté à 100 mètres par le maire. L'idée n'est pas de raser, mais de créer des ruptures dans la végétation : élaguer, éclaircir, supprimer les continuités entre arbres et broussailles pour ralentir un front de flammes et permettre l'intervention des secours.
À Saint-Marc-Jaumégarde, la commune rappelle que le brûlage des déchets verts et des résidus de débroussaillement est rigoureusement interdit, et qu'une benne à déchets verts est mise à disposition impasse de la Fondrière. La mairie peut être sollicitée pour aider à évaluer les travaux nécessaires. Ne pas débroussailler expose à des sanctions, l'amende administrative pouvant atteindre 50 euros par mètre carré non débroussaillé, et engage la responsabilité du propriétaire en cas de sinistre.
Le rôle du CCFF
Au quotidien, le Comité communal feux de forêt (CCFF) reste un maillon clé. Composé de bénévoles reconnaissables à leur tenue orange, il assure durant la saison estivale la surveillance des massifs, l'information du public selon le niveau de risque et l'intervention sur les départs de feu. Les habitants concernés peuvent se rapprocher de la mairie ou du CCFF et profiter de la saison hivernale, plus propice, pour réaliser leurs travaux. Le PPRIF fixe le cadre, mais c'est bien l'entretien régulier des terrains, parcelle par parcelle, qui fera la différence face au feu.


