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Moustique tigre : la surveillance renforcée relancée jusqu'au 30 novembre

Après un été 2025 record, avec 809 cas de chikungunya contractés en métropole, les autorités ont réactivé le dispositif de surveillance des arboviroses. En PACA, très exposée, quelques gestes simples limitent la prolifération de l'insecte.

La rédaction3 min de lecture
Un moustique tigre posé sur la peau
Photo : mosquizen.com

Depuis le 1er mai et jusqu'au 30 novembre 2026, la France hexagonale est repassée en surveillance renforcée des arboviroses, ces maladies transmises par le moustique tigre (Aedes albopictus) : chikungunya, dengue et Zika. Ce dispositif saisonnier, coordonné par Santé publique France et la Direction générale de la santé, coïncide avec la période d'activité de l'insecte. Il fait suite à une saison 2025 particulièrement intense.

Un été 2025 hors norme

Les chiffres publiés par Santé publique France donnent la mesure du phénomène. En 2025, la métropole a recensé 809 cas de chikungunya contractés sur place, dits autochtones, dont 790 répartis dans 79 épisodes de transmission, ainsi que 30 cas de dengue autochtones. L'agence estime qu'il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé sur le territoire depuis 2006. À cela s'ajoutent près de 2 400 cas de chikungunya et autant de dengue importés par des voyageurs de retour de zones où le virus circule. Ces cas importés sont souvent le point de départ des contaminations locales : un moustique pique une personne infectée, puis transmet le virus autour d'elle.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a concentré une large part des cas autochtones, avec plus de 450 cas de chikungunya, ce qui en fait la région la plus touchée. Le moustique tigre y est solidement installé, comme dans une grande partie du territoire : au 1er janvier 2026, il était implanté dans 83 des 96 départements métropolitains, contre une poignée au début des années 2010. Les Bouches-du-Rhône figurent parmi les zones les plus colonisées.

Reconnaître les symptômes et signaler

Le chikungunya et la dengue se manifestent en général quelques jours après la piqûre par une fièvre d'apparition brutale, souvent supérieure à 38,5 °C, accompagnée d'au moins une douleur : maux de tête, douleurs articulaires ou musculaires, parfois derrière les yeux. Une éruption cutanée peut apparaître. Ces signes régressent le plus souvent en une semaine, mais les douleurs articulaires du chikungunya peuvent persister plus longtemps.

En cas de symptômes évocateurs, surtout après un voyage, il faut consulter un médecin, qui pourra prescrire un test. Ces trois maladies sont à déclaration obligatoire : tout cas confirmé est signalé sans délai à l'agence régionale de santé, ce qui déclenche une enquête et, si nécessaire, une opération de démoustication ciblée. Pendant les sept jours qui suivent le début des signes, la personne malade doit se protéger des piqûres pour éviter de contaminer les moustiques qui l'entourent.

Les bons gestes à la maison

La lutte la plus efficace vise les larves, avant même l'apparition du moustique adulte. Aedes albopictus pond dans de très petites quantités d'eau stagnante, à proximité immédiate des habitations. Le geste clé consiste à supprimer ces gîtes une fois par semaine : vider les coupelles sous les pots de fleurs, les vases, les seaux, les arrosoirs et les jeux d'enfants, couvrir les récupérateurs d'eau de pluie, curer les gouttières, ranger à l'abri tout objet susceptible de retenir l'eau. Un pneu usagé ou une soucoupe oubliée suffisent à créer un foyer.

Pour se protéger soi-même, les répulsifs cutanés, les vêtements couvrants et les moustiquaires restent recommandés, en particulier en début et en fin de journée, quand l'insecte est le plus actif. Adoptés collectivement à l'échelle d'un quartier, ces gestes simples limitent nettement la circulation du moustique et, avec elle, le risque de transmission.


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