Meyreuil : l'extension du cimetière de la Bouaou chiffrée à 1,2 million d'euros
Le conseil municipal a autorisé à l'unanimité, le 9 avril, une demande de subvention de 600 000 euros à l'État pour agrandir le cimetière de la Bouaou. La délibération fait état d'un niveau de saturation avancé des concessions funéraires et cinéraires.

Une saturation constatée par la mairie
Lors de la séance du 9 avril 2026, le conseil municipal de Meyreuil a autorisé à l'unanimité le maire, Jean-Pascal Gournès, à solliciter une subvention de l'État pour financer l'extension du cimetière de la Bouaou. La délibération est explicite : le cimetière communal « atteint un niveau de saturation avancé » et « les capacités résiduelles en concessions funéraires et cinéraires ne permettent plus d'assurer, à moyen et long terme, une réponse adaptée aux besoins de la population ».
Deux facteurs sont avancés dans le texte : l'évolution démographique et celle des pratiques funéraires. Selon le rapport d'orientations budgétaires présenté le même soir, la population INSEE de la commune est passée de 5 874 habitants au 1er janvier 2023 à 6 837 au 1er janvier 2026, soit une progression de 6,35 % sur la seule dernière année. Côté pratiques, la municipalité mise sur le développement d'espaces cinéraires, columbarium en tête, présentés comme des modes de sépulture moins consommateurs d'espace que les concessions traditionnelles.
Pour les familles meyreuillaises, l'enjeu est concret : garantir la continuité du service public funéraire, autrement dit la possibilité de trouver une place au cimetière communal sans rupture d'offre.
Un chantier à 1,2 million d'euros, réalisé en deux phases
Le coût global de l'opération est fixé à 1 210 643 euros hors taxes, soit 1 452 771 euros toutes taxes comprises dans le tableau des investissements du rapport budgétaire. La commune demande à l'État 600 000 euros au titre de la dotation de soutien à l'investissement local (DSIL), ce qui correspond à 49,56 % du montant hors taxes. Les 610 643 euros restants, soit 50,44 %, seraient à la charge du budget communal.
Le dossier n'est pas nouveau : 62 000 euros d'études pour l'extension du cimetière figurent parmi les investissements 2025, sans subvention, et le conseil du 11 décembre 2025 avait déjà ouvert par anticipation des crédits sur l'opération budgétaire consacrée à l'extension du cimetière de la Bouaou.
La délibération prévoit des travaux entre octobre 2026 et mars 2027. Interrogé lors du débat d'orientation budgétaire sur la soutenabilité financière des projets, le maire a précisé que l'extension serait réalisée en deux étapes, donc sur deux exercices : une première phase qui « devrait démarrer à la rentrée 2026, pas avant », une seconde en 2027.
Le projet décrit dans la délibération associe la création de nouvelles concessions organisées pour limiter l'emprise au sol, le développement d'espaces cinéraires, des cheminements perméables favorisant l'infiltration des eaux pluviales et des plantations d'essences locales peu consommatrices en eau.
Un budget annexe placé sous surveillance
Le cimetière de Meyreuil ne relève pas du budget général de la commune : il constitue un service public industriel et commercial, géré en régie dotée de l'autonomie financière. Le 11 décembre 2025, le conseil municipal a voté, par 22 voix et 3 abstentions, une avance remboursable sans intérêts du budget principal vers ce budget annexe, plafonnée à 22 316,84 euros. En cause, une exigence de la préfecture des Bouches-du-Rhône : la régie doit disposer de son propre compte au Trésor à compter de 2026, ce qui suppose que son compte de liaison soit débiteur.
Le remboursement, lui, dépendra des recettes du service. La délibération prévoit que le budget annexe reverse chaque année le produit des ventes de caveaux constaté l'année précédente, la commune relevant elle-même « l'extrême irrégularité des ventes constatées sur cette régie ». Aucun échéancier précis n'a donc pu être arrêté.


